Caractère de Probus.]

Si l'on s'en rapporte aux inscriptions, aux panégyristes, aux écrivains

ecclésiastiques, qui peuvent s'être laissé éblouir par la protection

éclatante que Probus accordait à la vraie religion, on ne vit jamais

de magistrat plus accompli. Il est représenté dans ces monuments,

comme un homme admirable par sa vertu, sa piété, sa libéralité,

par son éloquence et par une érudition universelle; surpassant la

gloire de ses ancêtres, les plus grands personnages de son siècle,

les dignités même dont il fut revêtu. Mais Ammien Marcellin emploie

des couleurs bien différentes pour peindre le caractère de Probus:

c'était, selon lui, un ennemi aussi dangereux, qu'un ami bienfaisant;

timide, devant ceux qui osaient lui résister; fier et superbe avec ceux

qui le redoutaient; languissant et sans force, hors des dignités;

n'ayant d'ambition qu'autant que lui en inspiraient ses proches, qui

abusaient de son pouvoir; non pas assez méchant pour rien commander de

criminel, mais assez injuste, pour protéger dans les siens les crimes

les plus manifestes; soupçonnant tout, ne pardonnant rien; dissimulé;

caressant ceux qu'il voulait perdre; au comble de la plus haute fortune

toujours agité, toujours dévoré d'inquiétudes qui altérèrent sa santé.

On prétend que l'historien a noirci ce portrait, par un effet de

prévention contre un chrétien si zélé; mais il faut donc nier aussi les

actions qu'il attribue à Probus, et que nous raconterons dans la suite;

elles s'accordent avec cette peinture; et d'ailleurs pourquoi le même

historien aurait-il dans le même temps rendu justice à Olybrius, qui

n'était pas moins attaché à la religion chrétienne?

[Note latérale: XLVII.

Olybrius préfet de Rome.

Amm. l. 28, c. 4.

Grut. inscr. p. 333, nº 2.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 254 / 354 题