Il fit trembler à leur tour ces officiers de province, qui abusent de
l'autorité que leur donnent leurs fonctions, pour se faire craindre
des habitants, et les assujettir à des servitudes onéreuses; il leur
défendit, sur peine de mort et de confiscation de tous leurs biens,
d'imposer aucune corvée aux habitants de la campagne pour leur service
particulier, d'en exiger aucun de ces présents qui étaient devenus,
par abus, des redevances annuelles, d'accepter même ce qui leur était
volontairement offert; et par un excès de sévérité, il condamna à la
même peine l'habitant qui, pour sauver l'officier concussionnaire,
prétendrait l'avoir servi de son propre mouvement et sans en être
requis. Pour ce qui regardait les travaux publics, il les épargnait
aux paysans, surtout dans les temps où la terre demande leurs peines
et leurs soins. _Il vaut mieux_, disait-il, _aller chercher dans les
maisons oisives des villes, des bras inutiles, pour les occuper à
ces ouvrages, que d'arracher les laboureurs à des travaux qui font
subsister les villes mêmes_.
[Note latérale: XLIV.
Etablissement des médecins de charité.