Le trait de justice, auquel on attribue la disgrace de Sévéra, n'est
pas constaté par un témoignage assez authentique: il ne se trouve
que dans la chronique d'Alexandrie[702]; mais on ne peut refuser à
Valentinien, la louange d'avoir montré une aversion extrême, pour
toute apparence d'injustice et de concussion. Ce caractère d'équité
éclate dans la loi qu'il publia cette année pour régler la conduite des
avocats. Après avoir proscrit ces traits outrageants, qui transforment
un plaidoyer en libelle diffamatoire, il interdit aux avocats toute
convention avec leurs clients: il leur défend de rejeter comme
insuffisant ce qui leur est offert par une libre reconnaissance, et
d'allonger à dessein les procédures: il permet aux personnes titrées
d'exercer cette noble profession, pourvu qu'elles la remplissent avec
noblesse; et que, renonçant à un vil intérêt, elles n'en retirent
d'autre récompense que l'honneur de défendre l'innocence et la justice.
Deux ans après, afin que deux plaideurs n'eussent l'un sur l'autre
aucun avantage que par la qualité de leur cause, il ordonna que les
juges donneraient aux deux parties des avocats d'une égale capacité;
et il défendit à l'avocat nommé pour soutenir le droit d'une des
parties, de refuser son ministère sans une raison valable, à peine
d'interdiction perpétuelle.
[Note 702: Et dans la Chronique de Malala (part. 2, p. 34).--S.-M.]
[Note latérale: XLIII.
Loi contre les concussions.