Valens avait déja consulté son frère[683], dont il prenait tous
les avis, excepté lorsqu'il s'agissait de religion. Au retour de
Victor, il assembla son armée. Sa prudente économie dans le réglement
de sa maison, avait rempli ses trésors. Pour fournir aux dépenses
nécessaires, il supprimait les superflues; en sorte qu'au lieu
d'imposer de nouveaux tributs au commencement de cette guerre, il se
vit en état de remettre un quart des impositions précédentes. Cette
libéralité lui gagna tous les cœurs; une ardeur nouvelle embrasait
ses soldats, et il en aurait trouvé autant qu'il avait de sujets. Ses
bonnes intentions furent pleinement secondées, par Auxonius préfet du
prétoire[684]. Ce magistrat ajouta un nouveau prix à la générosité du
prince, par l'équité du recouvrement; ne permettant de rien exiger
au-delà de ce qui était dû, et réprimant les vexations des subalternes.
Cette modération ne l'empêcha pas de remplir tous les engagements de
son ministère. Tant que dura la guerre, l'armée ne manqua ni de vivres,
ni d'autres provisions; il les faisait transporter par le Pont-Euxin,
dans les places situées sur les bords du Danube, qui servaient de
magasins.
[Note 683: _Valens enim ut consulto placuerat fratri, cujus regebatur
arbitrio, arma concussit in Gothos, ratione justa permotus._ Amm. Marc.
l. 27, c. 4.--S.-M.]
[Note 684: Il avait succédé à Salluste, mis à la retraite à cause de
son âge très-avancé. Ce préfet est appelé _Exonius_ par Eunapius (in
Maxim. t. 1, p. 61, ed. Boiss.); mais je crois que c'est une faute dans
les manuscrits de cet auteur.--S.-M.]
[Note latérale: XXXVI.
Première campagne.
Amm. l. 27, c. 5.
[Themist or. 10, p. 132.]
Zos. l. 4, c. 10.
Idat. chron.
Chron. Hier.
Socr. l. 4, c. 11.
Soz. l. 6, c. 10.