C'étaient des sujets d'Athanaric, prince des Visigoths, dont Constantin
avait tellement aimé et honoré le père, qu'il lui avait fait ériger
une statue dans Constantinople[679]. Athanaric envoya des grands de
sa cour[680], pour se plaindre du traitement fait à ses soldats, et
pour les redemander. Valens, de son côté, députa le général Victor
pour entrer en conférence avec le prince. Victor demandait par quelle
raison les Goths, alliés de l'empire, s'étaient portés à secourir un
rebelle contre son souverain[681]. Athanaric montrait des lettres
par lesquelles Procope avait imploré son assistance, comme parent
de la famille de Constantin et légitime héritier de la couronne
impériale[682]. Il ajoutait que ce n'était pas aux Goths à discuter
les prétentions des deux concurrents; que par le traité ils s'étaient
obligés à secourir l'empire; qu'ils avaient cru satisfaire à cette
condition en assistant Procope; que s'ils s'étaient trompés, c'était
une erreur excusable. Il insistait à demander qu'on relâchât ses
soldats, qu'il avait envoyés sur la foi d'un serment. Victor répliqua
que le serment d'un rebelle n'était pas un engagement pour l'empereur;
et que Valens était en droit de traiter en ennemis ceux qui étaient
venus lui faire la guerre. On se sépara ainsi sans rien conclure.
[Note 679: C'est ce que dit Thémistius, or. 15, p. 191.--S.-M.]
[Note 680: Ἀπῄτει τοὺς γενναίους ὁ Σκυθῶν βασιλεὺς. Eunap. de leg. p.
18.--S.-M.]
[Note 681: _Victor magister equitum ad Gothos est missus, cogniturus
apertè quam ob causam gens amica Romanis, fœderibusque ingenuæ pacis
obstricta, armorum dederat adminicula bellum principibus legitimis
inferenti._ Amm. Marc. l. 27, c. 5.--S.-M.]
[Note 682: _Litterus obtulere Procopii, ut generis Constantiniani
propinquo imperium sibi debitum sumpsisse commemorantis._ Amm. Marc. l.
27, c. 5.--S.-M.]
[Note latérale: XXXV.
Dispositions pour la guerre contre les Goths.
Amm. l. 27, c. 4 et 5.
Themist. or. 8, p. 113.
Zos. l. 4, c. 10.
[Eunap. in Maxim. t. 1, p. 61, ed. Boiss.