Au milieu du printemps[685], Valens partit de Constantinople, et
alla camper sur le Danube, près du château de Daphné bâti par
Constantin[686]; il passa le fleuve sans opposition sur un pont de
bateaux. Les Goths épouvantés d'un appareil si formidable, avaient
abandonné le plat pays, et s'étaient retirés dans les montagnes des
Serres[687], escarpées et inaccessibles à une armée. Tout le fruit
de cette campagne se borna à des pillages; Arinthée à la tête de
divers partis, enleva grand nombre de familles, qu'il surprit dans les
plaines, avant qu'elles eussent eu le temps de gagner les montagnes
et les défilés; et l'armée romaine, sans avoir fait aucune perte
ni aucun exploit mémorable, revint à Marcianopolis dans la basse
Mésie[688]; Valens y passa l'hiver à exercer ses soldats, et à faire
les préparatifs de la campagne prochaine. Cette année il tomba le 4 de
juillet à Constantinople une grêle d'une prodigieuse grosseur, qui tua
plusieurs habitants.
[Note 685: _Pubescente vere._ Amm. Marcel. l. 27, c. 5. Il paraît par
la date de quelques lois, que Valens était à Marcianopolis, le 10 et le
30 mai de cette année, sans doute avant le passage du Danube.--S.-M.]
[Note 686: Au sujet de ce fort, voyez ci-devant liv. V, § 12, t. 1, p.
321.--S.-M.]
[Note 687: _Montes petivere Serrorum arduos._ Amm. Marc. l. 27,
c. 5. Ces montagnes, dont il n'est question dans aucun autre
auteur, me paraissent être celles qui séparent la Valachie de la
Transylvanie.--S.-M.]
[Note 688: Il était déjà de retour à _Dorostorum_, dans la Mœsie,
le 25 septembre de cette année. On voit par une loi qu'il était
à Marcianopolis, le 12 janvier 368. Il y était encore le 9 mars
suivant.--S.-M.]
[Note latérale: AN 368.