La persécution de Valens déchirait le sein de l'église, sans mettre
l'empire en danger. Mais la guerre qu'il commença cette année contre
les Goths, attira, par un enchaînement de causes dépendantes les unes
des autres, la ruine de la puissance romaine en Occident. Les Goths,
quelquefois vainqueurs, souvent vaincus, mais fournissant toujours à de
nouvelles guerres par leur innombrable multitude, avaient pendant cent
vingt ans exercé les armes romaines. Domptés depuis trente-cinq ans par
Constantin, tranquilles sous le règne de Constance, ils entretenaient
avec les Romains un libre commerce par le Danube. Plusieurs d'entre
eux s'étaient dévoués au service des empereurs, et étaient parvenus
aux principales dignités de la cour et de l'armée. Comme c'est ici
que commencent les grands événements qui changèrent enfin la face
de l'empire, il est à propos de donner une idée plus claire de leur
origine et de leurs progrès, autant qu'il est possible de percer les
ténèbres dont leur première histoire est enveloppée.
[Note latérale: XXIX.
Leur origine et leurs migrations.
Jornand. de reb. Get. c. 3, 4 et 17.
Isid. chron. Goth.
Proc. de bell. Goth. l. 4, c. 5.
Cluv. ant. Germ. l. 3, c. 34 et 46.