Tandis que Valentinien défendait avec succès l'Occident contre les
Barbares, son frère Valens, devenu par la mort de Procope paisible
possesseur de l'Orient, y allumait deux guerres funestes, l'une contre
les Goths, l'autre contre les catholiques. C'était le caractère de
l'Arianisme dès son origine, de s'introduire à la cour par la séduction
des femmes. Albia Dominica préoccupée de cette erreur, n'eut pas de
peine à la communiquer à son mari: et lorsque se préparant à marcher
contre les Goths, il voulut, par une sage précaution, recevoir le
baptême, elle l'engagea à se faire baptiser par Eudoxe, évêque de
Constantinople et chef du parti hérétique. Dans cette sainte cérémonie,
ce prélat imposteur abusa de l'autorité du moment, pour joindre aux
vœux sacrés du christianisme un serment impie: il engagea Valens à
jurer qu'il demeurerait irrévocablement attaché à la doctrine d'Arius,
et qu'il emploierait toute sa puissance contre ceux qui y seraient
opposés. Valens ne fut que trop fidèle à ce funeste engagement.
L'arianisme était alors dans un état de crise. Les demi-Ariens,
rebutés de l'insolence des Anoméens qui les persécutaient, avaient
fait des démarches éclatantes auprès du pape Libérius, lorsqu'il
vivait encore: ils avaient accédé à la doctrine de Nicée. L'église
d'Occident leur avait ouvert les bras avec joie; et en Orient même,
dans un concile tenu à Tyanes, ils en avaient indiqué un second à
Tarse, où ils devaient dans deux mois se rendre de toutes parts, pour
consommer l'ouvrage de la réunion par un acte authentique. Eudoxe,
alarmé de ce dessein, communiqua ses craintes à Valens. L'empereur
défendit aux évêques de s'assembler à Tarse; il confondit d'abord, dans
une proscription générale, les catholiques, les demi-Ariens, et les
Novatiens aussi opposés aux dogmes d'Arius que les catholiques. Mais
les Novatiens se mirent bientôt à couvert par le crédit d'un de leurs
prêtres, nommé Marcien, que Valens avait placé auprès de ses filles
Anastasie et Carosa, pour leur enseigner les belles-lettres.
[Note latérale: XXVII.
Athanase est encore chassé de son siége.
Socr. l. 4, c. 13.
Soz. l. 6, c. 12.
Theoph. p. 49.
Vita Ath. apud Phot. cod. 258.
Vita Ath. in edit. Bened. p. 85.