Zon. l. 13, t. 2, p. 30.]

Tandis que Valentinien défendait avec succès l'Occident contre les

Barbares, son frère Valens, devenu par la mort de Procope paisible

possesseur de l'Orient, y allumait deux guerres funestes, l'une contre

les Goths, l'autre contre les catholiques. C'était le caractère de

l'Arianisme dès son origine, de s'introduire à la cour par la séduction

des femmes. Albia Dominica préoccupée de cette erreur, n'eut pas de

peine à la communiquer à son mari: et lorsque se préparant à marcher

contre les Goths, il voulut, par une sage précaution, recevoir le

baptême, elle l'engagea à se faire baptiser par Eudoxe, évêque de

Constantinople et chef du parti hérétique. Dans cette sainte cérémonie,

ce prélat imposteur abusa de l'autorité du moment, pour joindre aux

vœux sacrés du christianisme un serment impie: il engagea Valens à

jurer qu'il demeurerait irrévocablement attaché à la doctrine d'Arius,

et qu'il emploierait toute sa puissance contre ceux qui y seraient

opposés. Valens ne fut que trop fidèle à ce funeste engagement.

L'arianisme était alors dans un état de crise. Les demi-Ariens,

rebutés de l'insolence des Anoméens qui les persécutaient, avaient

fait des démarches éclatantes auprès du pape Libérius, lorsqu'il

vivait encore: ils avaient accédé à la doctrine de Nicée. L'église

d'Occident leur avait ouvert les bras avec joie; et en Orient même,

dans un concile tenu à Tyanes, ils en avaient indiqué un second à

Tarse, où ils devaient dans deux mois se rendre de toutes parts, pour

consommer l'ouvrage de la réunion par un acte authentique. Eudoxe,

alarmé de ce dessein, communiqua ses craintes à Valens. L'empereur

défendit aux évêques de s'assembler à Tarse; il confondit d'abord, dans

une proscription générale, les catholiques, les demi-Ariens, et les

Novatiens aussi opposés aux dogmes d'Arius que les catholiques. Mais

les Novatiens se mirent bientôt à couvert par le crédit d'un de leurs

prêtres, nommé Marcien, que Valens avait placé auprès de ses filles

Anastasie et Carosa, pour leur enseigner les belles-lettres.

[Note latérale: XXVII.

Athanase est encore chassé de son siége.

Socr. l. 4, c. 13.

Soz. l. 6, c. 12.

Theoph. p. 49.

Vita Ath. apud Phot. cod. 258.

Vita Ath. in edit. Bened. p. 85.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 233 / 354 题