Il était inutile aux accusés de s'adresser à l'empereur pour obtenir
des juges équitables: malgré les plus justes motifs de récusation, il
ne manquait pas de les renvoyer devant leur juge ordinaire, quoique
celui-ci fût leur ennemi personnel. Jamais il ne sut adoucir les
punitions, jamais il n'accorda de grace à ceux qui étaient condamnés.
C'était devant lui presque une même chose d'être accusé et d'être
coupable. Les tortures qu'il employait pour avérer les crimes,
égalaient la rigueur des supplices. Il répétait sans cesse, que _la
sévérité est l'ame de la justice, et que la justice doit être l'ame de
la puissance souveraine_. Il ne choisissait pas de dessein prémédité
des hommes cruels et inhumains pour gouverner les provinces; mais
lorsqu'il avait mis en place des officiers de ce caractère, loin de
les contenir, il les animait par des louanges, il les exhortait par
ses lettres à punir rigoureusement les moindres fautes. Ces funestes
encouragements durent coûter la vie à plusieurs innocents. Saint Jérôme
raconte fort au long l'histoire d'une femme de Verceil, faussement
accusée d'adultère, qui ayant été condamnée à mort et frappée plusieurs
fois du coup mortel, ne fut sauvée que par un miracle. Il paraît
cependant qu'il eut quelques égards pour les sénateurs de Rome: ils
étaient soumis à la juridiction du préfet de la ville; Valentinien
se réserva par une loi la connaissance de leurs causes en matière
criminelle.
[Note latérale: XXV.
Prétextatus préfet de Rome.
Amm. l. 27, c. 9, et ibi Vales.
Cod. Th. l. 12, tit. 6, l. 13.
Hier. chron.