Zos. l. 4, c. 12.]

Le cours de cette expédition fut traversé par une conspiration, qui

aurait déconcerté tous les projets d'un capitaine moins actif et moins

prudent. Un Pannonien[642] nommé Valentinus, beau-frère de Maximin

que nous verrons bientôt vicaire de Rome et préfet du prétoire, avait

été condamné pour crime, et relégué dans la Grande-Bretagne. Cet

homme, superbe et turbulent, résolut de s'emparer de la province et

d'y prendre le titre d'empereur[643]. Il était surtout animé contre

Théodose, qu'il croyait le seul capable de faire échouer ses pernicieux

desseins. Il avait déja gagné les autres exilés et un assez grand

nombre de soldats, lorsque Théodose en fut averti. Ce général prompt

et intrépide, s'étant aussitôt saisi de Valentinus et de ses plus

zélés partisans, les livra entre les mains de Dulcitius pour les faire

mourir; mais par un trait de prudence il défendit de les appliquer à

la question, de crainte de donner l'alarme aux autres conjurés, et de

faire éclater le complot, que le supplice des chefs ne manquerait pas

d'étouffer. On avait établi depuis longtemps, dans la Grande-Bretagne,

ainsi que dans le reste de l'empire, des stationnaires[644], chargés de

veiller sur les mouvements des Barbares, et d'en avertir les généraux

romains. Ils furent convaincus d'avoir, par une trahison criminelle,

servi d'espions aux ennemis, qui leur faisaient part de leur butin.

Théodose chassa tous ces surveillants perfides, et laissa aux habitants

le soin d'informer eux-mêmes les commandants des sujets de leurs

alarmes.

[Note 642: Il était né dans la Valérie, division de la Pannonie. S.

Jérôme et Zosime l'appellent par erreur Valentinien.--S.-M.]

[Note 643: Tillemont place la révolte de Valentinus en l'an 369. Cette

date paraît fort vraisemblable.--S.-M.]

[Note 644: Ces stationnaires ou gardiens sont appelés _Areani_ par

Ammien Marcellin, l. 28, c. 3, si cependant son texte n'est pas

corrompu en cet endroit, qui suit une lacune remarquée par les

éditeurs. _Areanos_, dit-il, _genus hominum a veteribus institutum....

a stationibus suis removit_. Il n'est, à ce que je crois, question

nulle part ailleurs, de ces _Areani_ dont Ammien Marcellin avait parlé

plus en détail, à ce qu'il dit, dans la partie perdue de son histoire

où il racontait les actions de l'empereur Constant: _super quibus

aliqua in actibus Constantis retulimus_.--S.-M.]

[Note latérale: XX.

Théodose bat les Saxons et les Francs.

Amm. l. 27, c. 8, et l. 28, c. 3.

Claud. in IV consulatu Honorii, et ibi Barth. Pacat. paneg. c. 5.

Oros. l. 7, c. 32.

Sidon. l. 8, ep. 6.

Cluv. Germ. ant. l. 1, c. 18 et l. 3, c. 21.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 227 / 354 题