Dans cette brillante proclamation, Eupraxius de Césarée, en
Mauritanie[622], employé pour-lors dans le secrétariat de la cour[623],
eut l'avantage de signaler son zèle. Il fut le premier à s'écrier:
_Gratien mérite cet honneur; il promet de ressembler à son aïeul et
à son père_[624]. Ces paroles lui procurèrent la questure, dignité
beaucoup plus éminente alors qu'elle n'avait été du temps de la
république, et qui renfermait une partie des fonctions attribuées parmi
nous au chancelier de France. Eupraxius n'était cependant rien moins
que flatteur. Il laissa au contraire de grands exemples d'une franchise
inaltérable. Plein de droiture, attaché inviolablement aux devoirs
de sa dignité, il fut aussi incorruptible que les lois, qui parlent
toujours le même langage malgré la diversité des personnes[625], et
ni l'autorité, ni les menaces d'un prince absolu, et qu'il était
dangereux d'irriter, ne lui firent jamais trahir les intérêts de la
vérité et de la justice.
[Note 622: Cette ville est celle qui porte actuellement le nom
d'Alger.--S.-M.]
[Note 623: _Magister ea tempestate memoriæ._ Amm. Marc. l. 27, c.
6.--S.-M.]
[Note 624: Ammien Marcellin est plus concis; il dit seulement, l. 27,
c. 6: _Familia Gratiani hoc meretur._--S.-M.]
[Note 625: _Constans semper, legumque similis, quas omnibus una
eademque voce loqui in multiplicibus advertimus causis: qui tunc
magis in suscepta parte justitiæ permanebat, cum eum recta monentem
exagitaret minax imperator et nimius._ Amm. Marcell. l. 27, c.
6.--S.-M.]
[Note latérale: XVIII.
Théodose dans la Grande-Bretagne.
Amm. l. 27, c. 8, et l. 28, c. 3.
Pacat. paneg. c. 6.
Symm. l. 10, ep. 1.