Amm. l. 27, c. 3.]

Lampadius lui succéda dans la préfecture de Rome. C'était ce préfet

du prétoire déposé sous Constance pour les fourberies dont il fut

convaincu dans l'affaire de Silvanus. Il avait gagné les bonnes graces

de Valentinien par une affectation de sévérité et une apparence de

vertu. Vain et avide de louanges jusqu'au ridicule, il cherchait

occasion de rétablir les anciens monuments pour y faire graver en son

honneur des inscriptions pompeuses, comme s'il en eût été le fondateur.

Tous les frontispices, toutes les murailles des édifices publics

portaient en gros caractère le nom de Lampadius; et la plaisanterie

de Constantin, qui pour une semblable raison appelait Trajan l'herbe

pariétaire[524], lui aurait été beaucoup mieux appliquée. Sa vanité lui

fit faire un jour une action qui n'avait besoin que d'un autre motif,

pour être très-digne d'éloge. Étant préteur, il donnait un magnifique

spectacle: après qu'il eut répandu beaucoup de largesses, comme le

peuple ne cessait de demander des libéralités pour les comédiens, pour

les cochers du cirque, pour les gladiateurs, voulant montrer en même

temps sa générosité et le mépris qu'il faisait des recommandations

populaires, il assembla tous les mendiants qui avaient coutume de

se tenir aux portes de l'église de Saint-Pierre au Vatican, et leur

distribua des sommes considérables. Sa préfecture fut troublée par

plusieurs séditions: il y en eut une dans laquelle il pensa périr; et

il l'aurait bien mérité, s'il était jamais permis à ceux qui doivent

obéir, de se venger par eux-mêmes des injustices de leurs supérieurs.

Comme il faisait bâtir ou réparer quantité d'édifices, au lieu d'y

employer les fonds destinés à cet usage, il envoyait par la ville ses

officiers, qui prenaient chez les marchands les matériaux nécessaires

qu'on refusait ensuite de payer. Le peuple irrité de ce brigandage,

s'étant attroupé autour de sa maison, allait y mettre le feu, s'il

n'eût été dissipé à coups de pierres et de tuiles, dont on l'accablait

du haut des toits. Comme il revenait en plus grand nombre, le préfet

prit le parti de s'évader; il demeura caché hors de Rome, jusqu'à ce

que la fureur du peuple fût apaisée.

[Note 524: Voyez t. 1, p. 306, liv. IV, § 82.--S.-M.]

[Note latérale: LX.

Schisme d'Ursinus.

Amm. l. 27, c. 3 et 9.

Hier. cont. Joann. Hieros. § 8, t. 2, p. 415, et chron.

Socr. l. 4, c. 29.

Soz. l. 6, c. 23.

Baron. ann. 368, 369.

Pagi, in Baron.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 207 / 354 题