Liban. vit. t. 2, p. 56, or. 12, p. 392 et or. 13, p. 413.]

La conduite de Valens, à l'égard des partisans de Procope, est un

problème historique qu'il n'est pas aisé de résoudre. Ammien Marcellin

et Zosime font une affreuse peinture des rigueurs qui furent exercées

à cette occasion. Selon ces auteurs, non-seulement on fit la recherche

de tous ceux qui avaient prêté du secours au rebelle, qui avaient

participé à ses conseils, qui avaient eu connaissance du complot sans

en donner avis; mais on n'épargna même ni leurs parents, ni leurs

amis, quelque innocents qu'ils fussent. On ne distingua ni l'âge ni

la dignité. L'empereur prêtait l'oreille avec empressement à cette

foule de scélérats, toujours prêts à dénoncer ceux dont ils espèrent

les dépouilles. On épuisa la cruauté des bourreaux. Ceux que le prince

traita avec plus d'indulgence, furent proscrits, exilés: on vit des

personnes illustres par leur naissance et par leurs emplois passés,

réduites à vivre d'aumônes. Le sang ne cessa de couler, que quand

l'empereur et ses courtisans furent rassasiés de confiscations et de

carnage; et la victoire de Valens devint une calamité publique. D'un

autre côté, Thémistius, dans un discours qu'il prononça peu de temps

après, fait le plus grand éloge de la clémence de Valens à l'égard

des vaincus. Il est vrai qu'un panégyriste ne mérite guère d'en être

cru sur sa parole, surtout lorsqu'il parle devant le prince, dont

la présence anime la flatterie et déconcerte la vérité: mais avec

Thémistius s'accorde Libanius dont l'autorité est ici d'un tout autre

poids, que dans les louanges qu'il prodigue à Julien. Ce sophiste ne

devait pas aimer Valens, déclaré contre sa cabale, et qu'il accuse

même d'avoir cherché l'occasion de le faire périr. Cependant, et dans

l'histoire qu'il a laissé de sa propre vie, et dans deux discours

composés après la mort de Valens, il lui rend ce témoignage, qu'il

épargna les amis du tyran, et qu'il ne marqua aucun ressentiment contre

la ville de Constantinople, quoique cette ville, ayant outragé le

prince par des écrits et par des décrets injurieux, ne dût s'attendre

qu'à des châtiments. Il attribue même la mort de son disciple

Andronicus à tout autre qu'à l'empereur.

[Note latérale: XLIX.

Histoire d'Andronicus.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 196 / 354 题