Marcellus, parent de Procope, commandait la garnison de Nicée. Zosime
rapporte que le tyran lui avait mis entre les mains un manteau de
pourpre, aux mêmes conditions qu'il en avait lui-même reçu un de
Julien. Dès que ce général eut appris la mort de Procope, il fit tuer
Sérénianus qu'il tenait prisonnier. Ce meurtre sauva la vie à beaucoup
d'innocents, que Valens, par les conseils de ce méchant homme qu'il
écoutait volontiers, n'aurait pas manqué d'immoler à une aveugle
vengeance. Après cette exécution, Marcellus courut à Chalcédoine, où
il se fit proclamer empereur par une troupe de désespérés. Il comptait
sur trois mille Goths qui venaient de passer en Asie pour secourir
Procope[497]. D'ailleurs il n'appréhendait rien du côté de l'Illyrie,
où la mort du tyran était encore ignorée. Mais un pouvoir si faiblement
appuyé fut détruit sans peine. Il n'en coûta à Valens que d'envoyer
une troupe de soldats braves et hardis, qui enlevèrent Marcellus comme
un criminel, et le jetèrent dans un cachot. On l'en tira peu de jours
après pour lui faire endurer de cruels tourments, et le mettre à mort
avec ses complices.
[Note 497: C'était une partie des troupes auxiliaires, que Procope
avait obtenues des rois Goths, au moyen d'un subside et en faisant
valoir sa parenté avec Constantin. _Gothorum tria millia regibus jam
lenitis ad auxilium erant missa Procopio, Constantianam prætendenti
necessitudinem, quæ ad societatem suam parva mercede traduci posse
existimabat._ Amm. Marc. l. 26, c. 10.--S.-M.]
[Note latérale: XLVIII.
Punition des complices de Procope.
Amm. l. 26, c. 10.
Zos. l. 4, c. 8.
Them. or. 7, p. 84 et 93.