Hormisdas, fils de ce prince persan qui, s'étant venu réfugier à la
cour de Constantin, avait servi avec zèle Constance et Julien, s'était
jeté dans le parti du rebelle. Procope lui donna le gouvernement de
l'Hellespont et le titre de proconsul, avec pouvoir de commander les
armées, et de régler les affaires civiles; rendant ainsi au proconsulat
toute l'autorité qui avait été attachée à cette charge au temps de la
république[487]. Hormisdas avait épousé une femme riche, d'illustre
naissance, et recommandable par sa vertu. Quelques jours après la prise
de Cyzique, comme il se promenait seul avec elle sur le rivage, assez
loin du vaisseau qui les y avait conduits, ils furent surpris et sur le
point d'être enlevés par un parti ennemi[488]. Mais ce jeune guerrier,
malgré les traits qu'on lançait sur eux, défendit et sa femme et sa
propre vie avec tant de courage et de bonheur, qu'ils eurent le temps
de regagner leur vaisseau et de s'échapper ensemble.
[Note 487: _Hormisdæ maturo juveni, Hormisdæ regalis illius filio,
potestatem proconsulis detulit, et civilia more veterum et bella
recturo._ Ammien Marc., l. 26, c. 8.--S.-M.]
[Note 488: Il était composé de soldats que Valens avait envoyés par des
chemins détournés, _à militibus quos per devia Phrygiæ miserat Valens_.
Amm. Marc. l. 26, c. 8.--S.-M.]
[Note latérale: XLII.
Vexations de Procope.
Amm. l. 26, c. 8.
Themist. or. 7, p. 92 et 99.