Hier. chron. in an. 373.]

Équitius qui n'avait encore que la qualité de comte, mais qui eut

bientôt après celle de maître de la milice, désolait l'Illyrie par

des rapines et des exactions; mais il ne manquait ni de vigilance ni

d'activité pour la défendre. Dès le commencement des troubles, il en

avait été informé[466] par le tribun Antoine qui commandait dans la

Dacie[467]; et quoique cet avis fût assez vague et sans aucun détail,

il avait cru devoir sur-le-champ le faire passer à Valentinien. Ce

prince, ne sachant d'abord si son frère vivait encore, ou si Procope

lui avait ôté la vie avec le diadème, était fort embarrassé sur le

parti qu'il devait prendre. Son premier dessein fut de retourner en

Illyrie[468]. L'exemple récent de Julien lui faisait craindre que la

rébellion ne se communiquât bientôt dans toute l'étendue de l'empire:

mais comme il recevait en même temps la nouvelle d'une incursion

des Allemans, ses premiers officiers retenaient son ardeur; ils lui

conseillaient de ne pas laisser la Gaule exposée aux plus funestes

ravages. Les députés des principales villes de cette importante

province appuyaient ces conseils des plus vives instances; ils lui

représentaient leurs alarmes, leur faiblesse; que son nom seul

servirait de défense à leur patrie, et jetterait la terreur parmi les

Barbares. Instruit de l'état de son frère par des avis postérieurs, il

se rendit enfin, et continua sa route vers Paris, en disant que Procope

n'était que son ennemi et celui de Valens, mais que les Allemans

étaient les ennemis de l'empire[469]. Il s'en tint à cette idée, et

lorsque dans la suite son frère l'eut averti des progrès de Procope,

il lui laissa le soin de se défendre. Il se contenta de prendre des

précautions pour mettre à couvert l'empire d'Occident. Craignant que

Procope ne formât quelque projet sur l'Afrique, il y envoya Néothérius

un de ses secrétaires[470], Masaucion officier de ses gardes[471],

instruit de l'état du pays où il avait été élevé par le comte Crétion

son père, et un de ses écuyers nommé Gaudentius, dont il connaissait

depuis long-temps la fidélité.

[Note 466: Vers la fin d'octobre ou le commencement de novembre,

étant en route pour se rendre à Paris. Il apprit en même temps les

démonstrations hostiles des Allemans. _Et circa id tempus, aut non

multò posterius, in Oriente Procopius in res surrexerat novas: quæ

prope kal. novembris venturo Valentiniano Parisios, eodemque nuntiata

sunt die._ Amm. Marcell. l. 26, c. 5.--S.-M.]

[Note 467: Qui commandait les troupes de la Dacie méditerranée,

_agentis in Dacia mediterranea militem_. Amm. Marc. l. 26, c. 5.--S.-M.]

[Note 468: Il nomma alors Equitius, maître de la milice. _His cognitis

Valentinianus eodem Æquitio aucto magisterii dignitate, repedare ad

Illyricum destinabat._ Amm. Marc. l. 26, c. 5.--S.-M.]

[Note 469: _Replicabat aliquoties, hostem suum fratrisque solius esse

Procopium; Alamannos vero totius orbis Romani._ Amm. Marc. l. 26, c.

5.--S.-M.]

[Note 470: Il fut consul vingt-cinq ans après en 390.--S.-M.]

[Note 471: _Masaucionem domesticum protectorem._ Amm. Marcell. l. 26,

c. 5.--S.-M.]

[Note latérale: XXXVII.

Premiers succès de Procope.

Amm. l. 26, c. 7.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 183 / 354 题