Mem. Acad. Inscr. et B. L. t. 8, p. 403.]

Valentinien, ayant passé un an en Italie, partit pour la Gaule dans

le mois d'octobre, et arriva à Paris au commencement de novembre.

Pendant qu'il était encore en chemin, il reçut en un même jour la

nouvelle d'une incursion des Allemans dans la Gaule[436], et de la

révolte de Procope en Orient. Les Allemans avaient envoyé des députés

à la cour; mais au lieu des présents réglés depuis long-temps par

l'usage[437], on ne leur avait donné que des choses de peu de valeur;

et sur le refus qu'ils avaient fait de les accepter, Ursacius, maître

des offices[438], naturellement emporté et brutal, les avait traités

avec beaucoup de hauteur et de dureté. Toute la nation, se croyant

outragée en leur personne, prit les armes et envoya des partis au-delà

du Rhin. Mais sur la nouvelle que Dagalaïphe venait les chercher,

ils prévinrent sa rencontre et se retirèrent. L'empereur qui s'était

avancé jusqu'à Rheims, revint à Paris, où il passa l'hiver à prendre

des mesures pour la défense de la province. Il rassembla des troupes,

il mit de fortes garnisons dans les places situées sur le Rhin. Ce fut

peut-être dès cette année que ce prince fit une nouvelle division de

la Gaule. Auguste l'avait partagée en six provinces[439]. Dioclétien,

pour diminuer la puissance des gouverneurs en resserrant les bornes de

leur juridiction, y avait établi douze départements[440]. Valentinien

en fit quatorze; il détacha de la Viennoise les Alpes Maritimes, et

partagea l'Aquitaine en deux parties. Quelques années après, ce même

empereur, ou Gratien son fils, ayant encore démembré quelques-unes de

ces provinces, en forma dix-sept dans le diocèse ou vicariat de la

Gaule: c'étaient les quatre Lyonnaises, les deux Belgiques, les deux

Germanies, la Séquanique, les Alpes Grecques et Pennines, la Viennoise,

les deux Aquitaines, la Novempopulanie, les deux Narbonnaises et les

Alpes Maritimes[441]. C'est cette division que l'Église a suivie pour

l'ordinaire dans l'établissement des métropoles. Tel fut le dernier

état de la Gaule jusqu'au temps où les Francs, les Goths, et les

Bourguignons, envahirent ces belles provinces.

[Note 436: _Alamanni perrupere Germaniæ limites_, Amm. Marc. l. 26, c.

5, c'est-à-dire que les Allemans entrèrent dans les provinces de la

Gaule qui se nommaient Germanies.--S.-M.]

[Note 437: _Certa et præstituta ex more munera præberi deberent, minora

et vilia sunt attributa._ Amm. Marc. l. 26, c. 5.--S.-M.]

[Note 438: _Magister officiorum._ C'est cet officier qui recevait les

députés et les ambassadeurs des nations étrangères.--S.-M.]

[Note 439: _Aquitania, Narbonensis, Lugdunensis_, ou _Gallia, Belgica,

Germania superior et inferior._--S.-M.]

[Note 440: _Aquitanica, Novempopulonia, Narbonensis, Viennensis, Alpes

Graiæ, Lugdunensis prima et seconda, Maxima Sequanorum, Germania prima

et secunda, Belgica prima et secunda._--S.-M.]

[Note 441: _Lugdunensis prima, secunda, tertia et quarta; Belgica prima

et secunda; Maxima Sequanorum; Alpes Graiæ et Penninæ; Viennensis;

Aquitanica prima et seconda; Novempopulonia; Narbonensis prima et

seconda; Alpes maritimæ._--S.-M.]

[Note latérale: XXVII.

Valens apprend la révolte de Procope.

Amm. l. 26, c. 6 et 7.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 173 / 354 题