Cod. Just. l. 1, tit. 55.]

Les deux empereurs s'accordèrent encore à faire chacun dans leur

empire un établissement très-avantageux à ces citoyens qui, dépourvus

de crédit et de richesses, n'ont d'autre appui que la justice des

supérieurs; faible ressource que la corruption, la négligence ou la

crainte rendent trop souvent inutile. Ils instituèrent dans chaque

ville des _défenseurs_. Ce n'était pas une magistrature, mais une

fonction autorisée, telle à peu près qu'avait été pour la ville de

Rome celle des tribuns dans leur première institution. Ils étaient

tirés de l'ordre des bourgeois notables, qui n'étaient ni décurions ni

officiers des magistrats. Les évêques, les clercs, les possesseurs des

fonds, l'ordre municipal concouraient à leur élection, qui devait être

confirmée par les préfets du prétoire. Ils étaient élus pour cinq ans,

et ne pouvaient ni se dispenser de cet emploi, ni le quitter avant ce

terme, sans une permission de l'empereur. C'étaient les protecteurs

de ceux qui n'en avaient point: ils décidaient comme arbitres des

contestations peu importantes, et déféraient les autres aux juges

ordinaires. Il était de leur devoir de s'opposer aux violences, aux

taxations injustes, à l'insolence et aux concussions des officiers

subalternes, à l'iniquité des magistrats, auxquels il fut prescrit

de leur donner en tout temps un libre accès. Ils devaient aussi

maintenir la discipline, faire arrêter les coupables et les mettre

entre les mains des juges, s'opposer à l'impunité, et combattre la

faveur qui multiplie les crimes en protégeant les criminels. Mais leur

pouvoir n'était point armé de la force coactive, il se bornait aux

sollicitations, aux remontrances, aux oppositions juridiques; et si

l'on n'y avait point d'égard, ils devaient porter leurs plaintes aux

tribunaux supérieurs. Cet établissement civil fut bientôt adopté dans

la police ecclésiastique; les églises choisirent aussi des défenseurs,

c'est-à-dire, des laïcs chargés de soutenir leurs intérêts devant les

tribunaux séculiers.

[Note latérale: XXV.

Tremblement de terre.

Amm. l. 26, c. 10.

Idat. chron.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 301.

Socr. l. 4, c. 3.

Hier. chron. et vit. Hilar. t. 2, p. 36, et in Is. c. 15, t. 4, p. 185.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 171 / 354 题