Till. Valent. not. 20.]

Valens était encore dans les mêmes sentiments que son frère, mais il

n'avait ni le même discernement ni la même fermeté. Déjà trop chargé

du poids de l'empire, il voulut dans la suite se rendre arbitre de

la religion; et tandis que l'église jouissait en Occident d'un repos

tranquille, elle fut exposée en Orient aux plus violentes agitations.

Dès que ce prince fut arrivé à Constantinople, il se rendit au sénat,

où paraissait déja la statue de son père Gratien, érigée à la première

nouvelle de l'élection de Valentinien. Il y prononça un discours[434],

dont Thémistius fait un grand éloge; je ne crois pas cependant qu'on

en puisse rien conclure en faveur de l'éloquence de Valens. Mais ce

sophiste en cite deux belles maximes qui méritent d'être recueillies:

la première, c'est qu'_il est heureux pour des sujets d'avoir des

princes qui aient été nourris loin des délices et de la mollesse, loin

de la séduction des flatteurs, dans les travaux, dans les alarmes, dans

les incommodités de la vie_. La seconde, c'est qu'_un état est plus en

péril, quand il est en proie aux délateurs, que lorsqu'il est attaqué

par les Barbares; comme les maladies internes sont plus dangereuses

que celles qui sont produites par des causes étrangères_. Thémistius

répondit à ce discours par un de ces panégyriques, dont la matière

est toujours plus riche et plus féconde au commencement du règne d'un

prince médiocre, qu'elle ne l'est à la fin de sa vie. Il y relève

avec tout l'appareil de son art la concorde qui régnait entre les

deux frères. Ils prirent, selon la coutume, le consulat pour l'année

suivante 365. En cette occasion tous les deux de concert défendirent à

ceux qui portaient cette nouvelle dans les provinces, d'exiger aucun

présent des habitants, et aux gouverneurs de souffrir ces exactions

illicites. Ils permirent cependant aux personnes riches de faire

quelque libéralité à ces envoyés. Cette exception rendit la défense

inutile, comme on le voit par les lois suivantes; parce qu'il est plus

sûr et plus facile d'enchaîner la cupidité, que de la contenir dans de

justes bornes. Julien, meilleur politique, avait absolument proscrit

ces rapines déguisées sous le titre de gratifications.

[Note 434: Le 16 décembre selon Till., _Hist. des Emp._ t. V, Valens,

art. I.--S.-M.]

[Note latérale: XXIV.

Établissement des défenseurs.

Cod. Th. l. 8, tit. 25. leg. _Vim._ et ibi God.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 170 / 354 题