Ce prince, associant son frère à la puissance souveraine, avait résolu
de partager le gouvernement des diverses provinces de l'empire. Les
entreprises des Barbares, qui après la mort de Julien s'étaient
réveillés de toutes parts, le pressaient d'exécuter ce dessein. Les
Allemans ravageaient la Gaule et la Rhétie; les Sarmates et les
Quades, la Pannonie; les Pictes, les Scots, et les Attacottes[419],
peuple jusqu'alors inconnu, et dont il n'est plus parlé depuis ce
temps-là, alarmaient la Grande-Bretagne par des courses continuelles;
les Austuriens et d'autres nations Maures insultaient l'Afrique avec
plus d'audace que jamais; la Thrace voyait ses campagnes pillées par
différents partis de Goths. Du côté de l'Orient, le roi de Perse
faisait revivre d'anciens droits sur l'Arménie: il prétendait que la
mort de Jovien, avec lequel il avait traité, lui rendait la liberté
de reprendre ce pays, dont les anciens rois de Perse avaient été en
possession[420].
[Note 419: Ammien Marcellin (l. 26, c. 4), y joint les Saxons. C'était
une indication à ne pas négliger.--S.-M.]
[Note 420: Ces faits racontés d'une manière bien concise et assez
confuse par Ammien Marcellin, se trouveront avec tous leurs
développements, ci-après, liv. XVII, § 3-14.--S.-M.]
[Note latérale: XIV.
Maladie des deux princes.
Amm. l. 26, c. 4.
Zos. l. 4, c. 1.
Eunap. in Max. t. 1, p. 58 et 59 ed. Boiss.