L'équité de Jovien donne lieu de penser qu'il aurait puni cette cruelle
avarice. Mais les plaintes des Leptitains n'arrivèrent qu'après sa
mort. Croyant qu'il était nécessaire de se rapprocher de l'Occident,
dont il ne recevait aucune nouvelle, il résolut, malgré la rigueur
de l'hiver, qui fut très-rude cette année, de regagner au plus tôt
Constantinople. Il partit d'Antioche au mois de décembre, sans être
arrêté par de prétendus pronostics[385], que l'événement rendit
remarquables, mais qui ne pouvaient en effet alarmer que des païens
superstitieux. Il ne voulut pas sortir de Tarse sans avoir rendu
à Julien quelques honneurs funèbres: il donna ordre d'ajouter des
ornements à son tombeau[386]; ce qui ne fut exécuté que sous le règne
de Valentinien et de Valens.
[Note 385: Le globe que tenait la statue de Maximien tomba.--S.-M.]
[Note 386: Ammien Marcellin remarque que ce tombeau était situé en
dehors des murailles, sur le chemin qui conduit aux passages du mont
Taurus. _In pomœrio situm itineris, quod ad Tauri montis angustias
ducit._ Amm. Marc., l. 25, c. 10.--S.-M.]
[Note latérale: XXIX.
Etat des affaires de la Gaule.
Amm. l. 25, c. 10.