Les Ariens rebutés par l'empereur.]

Lucius à la tête de sa faction se présenta quatre fois à l'empereur. Il

reprochait au saint prélat, que depuis qu'il avait repris les fonctions

de l'épiscopat, il était sous l'anathème, ayant été condamné pour des

crimes dont il ne s'était pas justifié; qu'il avait été plusieurs fois

banni par Constantin et par Constance; qu'il ne cessait de troubler

l'Égypte, et d'y entretenir la discorde et la sédition. En conséquence,

il demandait un autre évêque, tel que l'empereur voudrait le choisir.

Ces accusations étaient appuyées par les clameurs des autres ariens.

Athanase n'eut pas besoin de répondre. Le peuple catholique soutint sa

cause avec chaleur. L'empereur lui-même déconcerta les calomniateurs

par des questions pressantes et de vives reparties. Dans une des

audiences il s'emporta contre eux jusqu'à commander à ses gardes de

les frapper; ce qui cependant ne paraît pas avoir été exécuté. Il les

congédia honteusement; il traita surtout avec le dernier mépris Lucius,

dont la mauvaise mine égalait la méchanceté. Pour faire perdre aux

eunuques le goût de ces intrigues de religion, il les fit appliquer

à la torture, en menaçant de traiter avec la même rigueur quiconque

oserait calomnier des chrétiens. Cette conspiration formée contre

Athanase le rendit plus cher à l'empereur. Il retourna en Égypte avec

un plein pouvoir de disposer du gouvernement des églises.

[Note latérale: XXVII.

Troubles en Afrique.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 143 / 354 题