L'empereur, après avoir donné à ses troupes le temps de se rétablir
de tant de fatigues, prit la route d'Antioche. Il passa par Édesse,
où il était le 27 de septembre[376]. Son armée, sans avoir été
vaincue, semblait avoir essuyé plusieurs défaites. Aussi ne reçut-il
sur son passage aucun de ces témoignages de joie, que des sujets
s'empressent de prodiguer à leur souverain. Il vint à grandes journées
à Antioche[377], où il fut l'objet des railleries et des traits
satiriques d'une populace insolente[378]. Il était même menacé d'une
violente sédition, si le préfet Salluste, plus respecté que l'empereur,
n'eût travaillé à calmer les esprits.
[Note 376: Cette date est fournie par une loi insérée dans le code
Théodosien.--S.-M.]
[Note 377: Selon Théophanes (p. 45), il arriva à Antioche dans le mois
d'_Hyperberetœus_. C'est le nom macédonien que les Grecs de Syrie
donnaient au mois d'octobre.--S.-M.]
[Note 378: Ils firent contre lui des chansons, des satires et
des libelles, ἀλλ' ἀπέσκωπτον αὐτὸν ῳδαῖς καὶ παρῳδίαις καὶ τοῖς
καλουμένοις φαμώσσοις, c'est ce qu'on apprend d'un fragment de
l'historien Jean d'Antioche, qui a été conservé dans les extraits
de l'empereur Constantin Porphyrogénète. Voyez _Excerpt. de Virt.
et Vit._, par H. Valois, p. 845. La cession de Nisibe, qui rendait
leur ville plus exposée aux attaques des Perses, avait animé les
Antiochéniens contre le nouvel empereur.--S.-M.]
[Note latérale: XXII.
Il se propose de rétablir la concorde dans ses états.
Greg. Naz. or. 4, t. 1, p. 134.
Liban. vit. t. 2, p. 46, et or. 10, p. 327.
Socr. l. 3, c. 24.