Liban. vit. t. 2, p. 45 et 46.]

Cependant Sapor triomphait de joie. Il venait d'apprendre par un

transfuge la mort de Julien. Varronianus, père de l'empereur, avait eu

le commandement des Joviens; et c'était sans doute pour cette raison

qu'il avait donné ce nom à son fils. Un enseigne de cette légion[310],

qui avait reçu quelque mécontentement de Varronianus, ne cessant pas de

parler mal de lui depuis sa retraite, avait eu à ce sujet de fréquents

démêlés avec Jovien encore particulier. Quand cet officier vit celui-ci

élevé à la puissance souveraine, appréhendant son ressentiment, il

passa dans l'armée des Perses; et ayant obtenu audience de Sapor, il

lui apprit la mort de Julien, l'élection de Jovien, et lui fit entendre

qu'il n'avait rien à craindre d'un fantôme d'empereur, sans activité,

sans courage, qui ne devait son élévation qu'à la cabale des valets

de l'armée[311]. Le roi, délivré du seul ennemi qu'il redoutait, se

flattait qu'il lui en coûterait peu pour détruire ce qui restait de

Romains. Ayant joint la cavalerie de sa maison[312] à celle qui venait

de combattre, il fit ses dispositions pour charger l'arrière-garde, dès

que l'ennemi serait en marche.

[Note 310: _Jovianorum signifer._ Ammien Marcell. l. 25, c. 5.--S.-M.]

[Note 311: _Turbine concitato calonum._ Ammien Marcell. l. 25, c.

5.--S.-M.]

[Note 312: La cavalerie de la garde royale, _multitudine ex regio

equitatu_. Ammien Marcell. l. 25, c. 5.--S.-M.]

[Note latérale: VI.

Marche des Romains.

Amm. l. 25, c. 6.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 123 / 354 题