Sapor, soit qu'il voulût amuser Julien, soit qu'il fût en effet
effrayé de ses succès, lui députa un des grands de sa cour, pour lui
proposer de garder ses conquêtes, et de conclure un traité de paix
et d'alliance. Ce député s'adressa d'abord à Hormisdas frère de son
maître; et se jetant à ses genoux, il le supplia de porter à Julien
les paroles de Sapor[236]. Le prince perse s'en chargea avec joie;
la prudence lui persuadait qu'une pareille ouverture ne pouvait être
que très-agréable à l'empereur: c'était acquérir une vaste et riche
province, et recueillir le plus grand fruit qu'il pût raisonnablement
espérer de ses travaux. Mais Julien séduit par des songes trompeurs,
et par les prédictions de Maxime aussi vaines que ces songes, s'était
enivré du projet chimérique de camper dans les plaines d'Arbèles et
de mêler ses lauriers à ceux d'Alexandre; déjà même il ne parlait
que de l'Hyrcanie et des fleuves de l'Inde[237]. Il reçut froidement
Hormisdas; il lui commanda de garder un profond silence sur cette
ambassade, et de faire courir le bruit que ce n'était qu'une visite que
lui rendait un seigneur de ses parents. Il craignait que le seul nom de
paix ne ralentît l'ardeur de ses troupes.
[Note 236: Ammien Marcellin ne dit rien de ces propositions de
paix.--S.-M.]
[Note 237: Ce sont là des phrases de Libanius (or. 10, t. 2, p.
301.)--S.-M.]
[Note latérale: XXXVI.
Il est trompé par un transfuge.
Liban. or. 10, t. 2, p. 301 et 302.
Greg. Naz. or. 4, t. 1, p. 114 et 116.
Sext. Rufus. Vict. epit. p. 228.
Chrysost. de Sto Babyla, contra Jul. et Gent. t. 2, p. 575 et 576.
Amm. l. 24, c. 7.
[Zos. l. 3, c. 26.]
Socr. l. 3, c. 22.
Theod. l. 3, c. 21.
Soz. l. 6, c. 1.
Philost. l. 7, c. 15.
Oros. l. 7, c. 30.