Zos. l. 3, c. 23 et 24.]

Plus on approchait de Ctésiphon, plus le pays devenait riant et embelli

de tous les agréments de la culture[194]. C'étaient les plaisirs du

roi de Perse. On rencontrait à chaque pas de magnifiques édifices et

des jardins charmants. Le soldat romain marchait le fer et le feu à la

main; et pour se venger d'un peuple qu'il traitait de barbare, il ne

laissait lui-même que des traces funestes de barbarie. On n'épargna

qu'un seul château, parce qu'il était bâti à la romaine[195]. On arriva

dans un grand parc[196], où étaient renfermés des lions, des sangliers,

des ours plus cruels en Perse que partout ailleurs, et quantité

d'autres bêtes féroces. Les rois de Perse y venaient souvent prendre le

plaisir de la chasse. On enfonça les portes, on fit brèche en plusieurs

endroits aux murailles, et les cavaliers se divertirent à détruire ces

animaux à coups d'épieux et de javelots.

[Note 194: Zosime rapporte, l. 3, c. 23, qu'après la prise de

_Maogamalcha_, on traversa encore plusieurs places indignes d'être

mentionnées, καὶ ἕτερα οὐκ ὀνομαϛὰ φρούρια.--S.-M.]

[Note 195: _Ubi reperta regia Romano more ædificata, quoniam id

placuerat, mansit intacta._ Amm. Marc. l. 24, c. 5. Il est facile

de reconnaître dans ce qui reste des monuments, élevés par les rois

Sassanides que des architectes ou des sculpteurs grecs y ont mis la

main. Les auteurs orientaux font eux-mêmes mention de quelques-uns de

ces artistes appelés par les rois de Perse.--S.-M.]

[Note 196: Zosime rapporte, l. 3, c. 23, que ce lieu était appelé

_la chasse du Roi_, Βασιλέως Θήρας. On trouvait dans la Perse et

dans l'Arménie beaucoup de ces endroits clos de murs, et destinés

aux plaisirs des princes. Ils étaient souvent magnifiquement ornés,

leurs murs étaient couverts de belles peintures ou de sculptures; on

y joignait ordinairement un palais, qui servait de rendez-vous de

chasse.--S.-M.]

[Note latérale: XXVIII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 94 / 354 题