Péril de Julien.]

La hardiesse de Julien pensa lui coûter la vie. Dix soldats perses,

étant sortis de la ville par une porte détournée, se glissèrent au

travers des roseaux, et vinrent fondre sur sa troupe. Deux d'entre eux,

ayant reconnu l'empereur, coururent à lui le sabre à la main. Il se

couvrit de son bouclier, et tua l'un, tandis que l'escorte massacrait

l'autre. Le reste s'étant sauvé par une prompte fuite, l'empereur

revint au camp, où il fut reçu avec beaucoup de joie. L'armée ne

respirait que vengeance, et Julien crut ne pouvoir, sans péril, laisser

derrière lui une place si considérable. Ayant jeté des ponts sur les

canaux, il fit passer ses troupes, et choisit un lieu sûr et commode

pour y asseoir son camp, qu'il fortifia d'une double palissade.

[Note latérale: XXII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 88 / 354 题