Zos. l. 3, c. 20 et 22.]

Le premier soin de Julien fut de se camper avantageusement, pour n'être

pas exposé aux insultes de la cavalerie des Perses, très-redoutable

en pleine campagne. Il alla ensuite lui-même à pied, avec une petite

troupe d'infanterie légère, reconnaître les dehors de la place. Tout le

terrain était coupé de canaux, au milieu desquels la ville s'élevait

sur un tertre, qui semblait être une île. L'accès en était défendu

par des rochers fort hauts, dont la coupe irrégulière formait un

labyrinthe tortueux. Elle avait, ainsi que Pirisabora, deux enceintes,

armées chacune d'une muraille de briques cimentées de bitume. Le mur

extérieur, fort large et fort élevé, à l'épreuve des machines, était

bordé d'un fossé profond, et flanqué de seize grosses tours de même

construction que les murailles. Une citadelle, assise sur le roc,

occupait le centre de la ville; au-dehors une forêt de roseaux qui

s'étendait depuis les canaux jusqu'au bord du fossé, donnait aux

habitants la facilité d'aller puiser de l'eau sans être aperçus[171].

Cette ville, très-peuplée par elle-même, se trouvait alors remplie

d'une multitude d'habitants des châteaux voisins, qui s'y étaient

retirés, comme dans une place de sûreté.

[Note 171: Tous ces détails sur la situation et les fortifications de

_Maogamalcha_ sont tirés du dixième discours de Libanius, qui semble

avoir voulu épuiser dans cette occasion toutes les ressources de son

éloquence.--S.-M.]

[Note latérale: XXI.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 87 / 354 题