Le premier soin de Julien fut de se camper avantageusement, pour n'être
pas exposé aux insultes de la cavalerie des Perses, très-redoutable
en pleine campagne. Il alla ensuite lui-même à pied, avec une petite
troupe d'infanterie légère, reconnaître les dehors de la place. Tout le
terrain était coupé de canaux, au milieu desquels la ville s'élevait
sur un tertre, qui semblait être une île. L'accès en était défendu
par des rochers fort hauts, dont la coupe irrégulière formait un
labyrinthe tortueux. Elle avait, ainsi que Pirisabora, deux enceintes,
armées chacune d'une muraille de briques cimentées de bitume. Le mur
extérieur, fort large et fort élevé, à l'épreuve des machines, était
bordé d'un fossé profond, et flanqué de seize grosses tours de même
construction que les murailles. Une citadelle, assise sur le roc,
occupait le centre de la ville; au-dehors une forêt de roseaux qui
s'étendait depuis les canaux jusqu'au bord du fossé, donnait aux
habitants la facilité d'aller puiser de l'eau sans être aperçus[171].
Cette ville, très-peuplée par elle-même, se trouvait alors remplie
d'une multitude d'habitants des châteaux voisins, qui s'y étaient
retirés, comme dans une place de sûreté.
[Note 171: Tous ces détails sur la situation et les fortifications de
_Maogamalcha_ sont tirés du dixième discours de Libanius, qui semble
avoir voulu épuiser dans cette occasion toutes les ressources de son
éloquence.--S.-M.]
[Note latérale: XXI.