Le jour suivant, pendant que l'empereur prenait un repas léger, à
son ordinaire, on vint lui annoncer que Suréna avait surpris trois
compagnies de coureurs[162], qu'il en avait taillé en pièces une
partie, et qu'ayant tué un tribun, il avait enlevé un dragon: c'était
une enseigne qui portait la figure de cet animal. Il part sur-le-champ,
suivi seulement de trois de ses gardes; et ralliant les fuyards qui
regagnaient le camp à toute bride, il retourne à leur tête sur le
vainqueur, arrache le dragon des mains des ennemis, les terrasse ou
les met en fuite. Alors s'arrêtant sur la place même, presque seul au
milieu de cent cavaliers qu'il allait punir, mais sûr d'être obéi,
il commence par les deux tribuns qui s'étaient laissé battre; il les
dégrade du service en leur ôtant la ceinture militaire; et, suivant
la sévérité de l'ancienne discipline, il fait décimer les cavaliers
et trancher la tête à dix d'entre eux. Il ramène les autres au camp,
ayant presque en un même instant appris, vengé et puni la défaite de sa
troupe.
[Note 162: _Procursatorum partis nostræ tres turmas._ Amm. Marc. l. 24,
c. 3.--S.-M.]
[Note latérale: XVIII.