Zos. l. 3, c. 19.]

Le jour suivant, pendant que l'empereur prenait un repas léger, à

son ordinaire, on vint lui annoncer que Suréna avait surpris trois

compagnies de coureurs[162], qu'il en avait taillé en pièces une

partie, et qu'ayant tué un tribun, il avait enlevé un dragon: c'était

une enseigne qui portait la figure de cet animal. Il part sur-le-champ,

suivi seulement de trois de ses gardes; et ralliant les fuyards qui

regagnaient le camp à toute bride, il retourne à leur tête sur le

vainqueur, arrache le dragon des mains des ennemis, les terrasse ou

les met en fuite. Alors s'arrêtant sur la place même, presque seul au

milieu de cent cavaliers qu'il allait punir, mais sûr d'être obéi,

il commence par les deux tribuns qui s'étaient laissé battre; il les

dégrade du service en leur ôtant la ceinture militaire; et, suivant

la sévérité de l'ancienne discipline, il fait décimer les cavaliers

et trancher la tête à dix d'entre eux. Il ramène les autres au camp,

ayant presque en un même instant appris, vengé et puni la défaite de sa

troupe.

[Note 162: _Procursatorum partis nostræ tres turmas._ Amm. Marc. l. 24,

c. 3.--S.-M.]

[Note latérale: XVIII.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 84 / 354 题