Précautions de Julien.]

Après avoir traversé une grande étendue de terrain inondé, on se trouva

enfin dans une plaine fertile en fruits, en vignes, en palmiers, et

peuplée de bourgs et de villages: c'était le plus beau canton de

l'Assyrie. Les habitants s'étaient retirés au-delà du fleuve; on les

apercevait sur les hauteurs d'où ils regardaient le pillage de leurs

campagnes. Julien escorté d'un corps de cavalerie légère, tantôt à

la tête, tantôt à la queue de son armée, prenait les précautions

nécessaires dans un pays inconnu. Il faisait fouiller jusqu'aux

moindres buissons; il visitait tous les vallons; il empêchait les

soldats de s'écarter trop loin, les contenant par une douce persuasion

plutôt que par les menaces. L'exemple d'un soldat qui, étant pris de

vin, se hasarda à passer l'Euphrate, et qui fut égorgé par les ennemis

sur l'autre bord à la vue de l'armée, servit à rendre ses camarades

plus sobres et plus circonspects. Julien leur permit d'enlever ce qui

était propre à leur subsistance, et fit brûler le reste avec les

habitations. L'armée se nourrissait avec plaisir des fruits de sa

conquête; elle jouissait de l'abondance, sans toucher aux provisions

qu'elle avait en réserve sur le fleuve.

[Note latérale: XV.

Marche jusqu'à Pirisabora.

Amm. l. 24, c. 2.

Liban. or. 10, t. 2, p. 314.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 81 / 354 题