Zos. l. 3, c. 13 et 14.]

Le fleuve Aboras faisait la séparation des terres de l'empire d'avec

le pays ennemi. On passa la nuit sur ses bords, et dès le point du

jour on sonna la marche. La lumière qui croissait peu à peu découvrait

aux regards de l'armée les vastes plaines de l'Assyrie: l'empressement

et la joie brillaient dans tous les yeux. Julien le premier à cheval,

courant de rang en rang, inspirait aux soldats une nouvelle confiance.

Il fit toutes les dispositions qu'on pouvait attendre d'un général

expérimenté, pour la sûreté de la marche dans un pays inconnu; il

envoya devant quinze cents coureurs pour battre l'estrade[127]. L'armée

marchait sur trois colonnes. Celle du centre était composée de la

meilleure infanterie, à la tête de laquelle était Julien. A droite,

le reste des légions côtoyait le fleuve sous les ordres de Névitta.

A gauche, la cavalerie commandée par Arinthée et par Hormisdas[128]

traversait la plaine et couvrait l'infanterie. L'arrière-garde avait

pour chefs Dagalaïphe et Victor[129]. Sécundinus, duc d'Osrhoène,

fermait la marche. Les bagages étaient à couvert entre les deux ailes

et le corps de bataille. Pour grossir le nombre des troupes aux yeux

des coureurs ennemis, on fit marcher les différents corps à grands

intervalles, en sorte qu'il y avait trois lieues[130] entre la queue

et la tête de l'armée. La flotte avait ordre de mesurer ses mouvements

avec tant de justesse, que, malgré les fréquents détours du fleuve,

elle bordât toujours les troupes de terre, sans rester en arrière, ni

les devancer.

[Note 127: Selon la chronique de Malala (part. 2, p. 18), ces

quinze cents hommes appartenaient aux corps des _Lancearii_ et des

_Mattiarii_.--S.-M.]

[Note 128: On pourrait croire, d'après ce que dit Zosime (l. 3, c.

13), qu'Hormisdas avait le principal commandement de la cavalerie, et

qu'Arinthée lui était adjoint.--S.-M.]

[Note 129: Selon Zosime, Victor commandait toute l'infanterie.--S.-M.]

[Note 130: _Laxatis cuneis jumenta dilatavit et homines, ut decimo pœnè

lapide postremi dispararentur a signiferis primis._ Amm. Marc. l. 24,

c. 1. Selon Zosime, l. 3, c. 14, l'armée occupait un espace de soixante

et dix stades, ce qui est à peu près autant.--S.-M.]

[Note latérale: XI.

Elle avance dans le pays ennemi.

Amm. l. 23, c. 5.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 77 / 354 题