Les Juifs crurent entendre la voix de Dieu même. Cette heureuse
nouvelle se répand en un moment dans les contrées voisines. Ils
accourent de toutes parts avec un empressement incroyable. En peu de
jours plusieurs milliers d'hommes se trouvent assemblés sur le terrain
du temple. Les païens se joignent à eux. Bientôt de prodigieux amas
de matériaux s'élèvent comme autant de montagnes. On travaille avec
ardeur sous la direction des plus habiles architectes. On nettoie
l'emplacement; on fouille la terre. Les Juifs prodiguaient leurs
richesses: plusieurs avaient fait fabriquer exprès des bêches, des
pelles, des hottes d'argent. Les femmes donnaient avec joie leurs
colliers et leurs bijoux: revêtues de leurs plus riches habits elles
recevaient dans le pan de leurs robes les pierres et la terre des
décombres; les plus délicates ne s'épargnèrent pas: les enfants et les
vieillards prêtaient ce qu'ils avaient de forces, et chacun croyait se
sanctifier en contribuant à cette pieuse entreprise. Cependant Cyrille,
évêque de Jérusalem, mieux instruit que les Juifs du sens de leurs
prophéties, se moquait de leurs efforts: il disait hautement que le
temps était venu où l'oracle du Sauveur du monde allait s'accomplir
à la lettre; que de ce vaste édifice, il ne resterait pas pierre sur
pierre.
[Note latérale: XXXVII.