En effet les fondements de l'ancien temple étaient déjà démolis.
Tout semblait répondre du succès: on allait voir qui devait avoir le
démenti ou du Dieu des chrétiens, ou de ceux de Julien; lorsque sur le
soir un vent impétueux, s'étant élevé tout à coup, emporte les amas
de plâtre, de chaux, de ciment, comble les fouilles en y rejetant
les terres, disperse et dissipe les matériaux. La nuit étant venue,
la terre tremble avec d'horribles mugissements; les maisons voisines
s'écroulent; un portique, sous lequel s'était retiré un grand nombre
d'ouvriers, tombe avec fracas: les uns restent ensevelis sous les
ruines; les autres s'échappent, mais meurtris et estropiés; d'autres
courent en foule se réfugier dans une église voisine comme dans un
asyle; il en sort une flamme qui étouffe une partie de ces malheureux,
et qui laisse sur le corps des autres des traces ineffaçables de la
colère divine. L'air est embrasé d'éclairs; les coups redoublés de la
foudre tuent les hommes, calcinent les pierres, mettent en fusion les
outils de fer dont la place était jonchée. Les ouvrages étaient ruinés,
mais l'opiniâtreté des Juifs n'était pas vaincue. Après les horreurs
de cette nuit, ils remettent la main à l'œuvre. Alors la terre se
soulevant par de nouvelles secousses ouvre ses entrailles; elle lance
des tourbillons de flamme; elle repousse sur les ouvriers les pierres
qu'ils s'efforcent d'établir dans son sein; ils périssent ou dévorés
par les feux, ou écrasés sous les pierres. Ce terrible phénomène se
renouvela à plusieurs reprises; et ce qui montre évidemment l'action
d'une intelligence qui commande à la nature, c'est que l'éruption du
feu recommença autant de fois que les ouvriers reprirent le travail, et
ne cessa tout-à-fait que quand ils l'eurent entièrement abandonné.
[Note latérale: XXXVIII.