Insolence des Juifs.]

Dès le commencement de son règne, il les avait distingués des

chrétiens, par des marques de bienveillance. On lit entre ses ouvrages

un édit adressé à la communauté des Juifs: cette pièce, malgré les

soupçons de quelques savants, nous paraît authentique[68]. Le prince

y décharge les Juifs des tributs exigés par leur patriarche; il les

exhorte à prier leur Dieu pour la prospérité de son empire; il leur

promet de rétablir à son retour de Perse la ville de Jérusalem,

dans son ancienne splendeur, et d'y venir adorer avec eux le Dieu

créateur[69], auquel il reconnaît qu'il doit sa couronne. Cette nation

couverte d'opprobres depuis trois siècles crut avoir trouvé dans Julien

un libérateur et un nouveau Cyrus. Fière de ses témoignages de faveur,

elle y répondit par des actions de violence contre les chrétiens. Les

Juifs brûlèrent plusieurs églises à Alexandrie, à Damas et dans les

autres villes de Syrie.

[Note 68: Julien y parle de leur patriarche Jule, qu'il appelle

son frère et un homme très-respectable, τὸν ἀδελφὸν Ἴουλον τὸν

αἰδεσιμώτατον πατριάρχην. Ce pontife est nommé Hillel par les écrivains

juifs. Ces patriarches, qui exerçaient une autorité spirituelle,

et à quelques égards civile, sur leurs coréligionaires, résidaient

dans la ville de Tibériade. Ils furent supprimés par le gouvernement

romain en l'an 429, sous Théodose le jeune. Voyez, sur leurs droits

et prérogatives, l'_Histoire des Juifs par Basnage_, liv. III, ch.

2-5.--S.-M.]

[Note 69: Dans sa lettre aux Juifs, il le nomme κρείττων, _le

meilleur_, et dans un fragment théologique (p. 295), il l'appelle μέγας

θέος, _le grand dieu_.--S.-M.]

[Note latérale: XXXV.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 58 / 354 题