Colère de Julien.]

Cette hardiesse piqua vivement l'empereur. Dès le lendemain il ordonna

à Salluste de faire le procès aux chefs de la cérémonie. En vain le

préfet tâcha de l'apaiser, en lui représentant qu'il allait combler

les vœux de ceux qu'il prétendait punir. Il fallut obéir. Plusieurs

chrétiens furent mis en prison. Salluste commença cette rigoureuse

procédure par un jeune homme nommé Théodore. On l'étend sur un

chevalet: on lui déchire les flancs; on épuise sur son corps toute

la rage des bourreaux. C'est trop peu de dire qu'il semblait être

insensible: plus gai et plus libre que les païens qui assistaient à

ce spectacle, au milieu des plus douloureuses tortures il ne cessait

de chanter ce même verset, qui lui attirait son supplice. Après avoir

été tourmenté depuis le point du jour jusqu'à la onzième heure,

sans avoir rien perdu de ses forces ni de son courage, il fut sur

le soir reconduit en prison. Ce premier essai donna du poids à la

remontrance de Salluste. L'empereur, enfin persuadé que les rigueurs

ne tourneraient qu'à sa confusion et à la gloire des chrétiens, mit en

liberté tous ceux qu'on avait arrêtés, et Théodore lui-même, qui vécut

encore long-temps après.

[Note latérale: XV.

Fermeté d'une femme chrétienne.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 38 / 354 题