Evagr. l. 1, c. 16.]

Tous les oracles de l'empire, abandonnés depuis long-temps, n'étaient

occupés qu'à répondre aux députés de l'empereur. Il envoya à Delphes,

à Délos, à Dodone. Tous lui promettaient la victoire; mais en si

mauvais vers, qu'on disait plaisamment que le Dieu de la poésie avait

oublié son métier faute d'exercice. Il consulta par lui-même Apollon

de Daphné. Après un grand nombre de sacrifices et de magnifiques

offrandes, le Dieu répondit enfin, qu'il ne pouvait parler, tant qu'il

serait infecté des cadavres dont il était environné. Julien comprit

que le voisin le plus incommode dont Apollon voulût se plaindre, était

saint Babylas[28], dont les reliques transportées en ce lieu fermaient

depuis onze ans la bouche à l'oracle. Il donna ordre de reporter ce

corps dans la ville d'Antioche, d'où Gallus l'avait transféré. Ce fut

pour les chrétiens une nouvelle occasion de disgraces. Ils viennent

en foule au-devant des reliques du saint martyr; ils les placent sur

un char; et dans cette espèce de triomphe, où ils ramenaient Babylas

vainqueur des démons de Daphné, hommes, femmes, enfants animés par

la vue de leur multitude et comme enivrés de la joie d'une victoire,

dansent autour du char et chantent des psaumes, ajoutant à chaque

verset cette reprise: _Qu'ils soient confondus, tous ceux qui adorent

les ouvrages de sculpture, et qui se glorifient dans leurs idoles._

[Note 28: Julien l'appelle τὸν νεκρὸν, _le mort_.--S.-M.]

[Note latérale: XIV.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 37 / 354 题