Baron. in an. 362.]

Tandis que ces sanglantes tragédies remplissaient l'Orient d'horreur,

l'Occident ne fut pas épargné. Rome vit immoler par le glaive, ou

précipiter dans le Tibre plusieurs de ses citoyens. On y poursuivait

les chrétiens, comme coupables de magie. Et il faut avouer que sans

chercher de prétexte pour les faire périr, on en trouvait assez dans

leur hardiesse. Les insultes des païens, leurs blasphèmes, la vue de

leurs abominations, embrasaient le zèle des fidèles, et le portaient

souvent au-delà des bornes. Nourris et élevés sous la domination du

christianisme, ils regardaient le règne de l'idolâtrie comme une

usurpation; ils renversaient les autels, brisaient les statues,

troublaient les sacrifices, et n'ayant d'autres armes que leur zèle,

ils provoquaient contre eux-mêmes toutes les forces du paganisme.

La multitude ignorait alors ce qu'elle a de tout temps ignoré, que

la religion chrétienne ne s'élève jamais par voie de fait contre

l'ordre public, et que sous un gouvernement qui lui fait la guerre,

elle ne doit que souffrir. La constance des martyrs qui répandirent

leur sang sous Julien, répare sans doute ce qu'on pourrait trouver

de répréhensible dans l'excès de leur zèle. Julien n'en est pas plus

excusable: il connaissait assez les hommes pour prévoir les effets que

ne pouvaient manquer de produire, d'un côté l'insolence des païens

triomphants, de l'autre l'impatience des chrétiens accablés.

[Note latérale: XII.

Superstitions de Julien.

[Jul. or. 7, p. 225 et frag. p. 288.]

Amm. l. 22, c. 12.

Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 91, et or. 4, p. 122.

Elias Cretensis et Nonnus in or. 4.

Greg. Naz.

Chrysost. de Sto Babyla et contra Jul. et Gent. t. 2, p. 575 et passim.

[Soz. l. 5, c. 19.]

Theod. l. 3, c. 21 et 22.

Baron. in ann. 362.

Till. pers. art. 7.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 35 / 354 题