Till. pers. note 16.]

Le fanatisme étouffait dans le cœur de Julien jusqu'aux sentiments de

la plus juste reconnaissance. Marc, évêque d'Aréthuse, lui avait sauvé

la vie dans son enfance. On ne sait si ce prélat, fameux auparavant

par son zèle pour l'arianisme, était revenu de ses erreurs, comme

Théodoret le fait entendre, ou s'il y restait encore engagé. Tout ce

qui portait le nom de chrétien, était également en butte aux traits de

l'idolâtrie; et dans cette proscription générale, plusieurs hérétiques

souffrirent constamment la mort. Marc accablé d'années, mais plein de

force et de courage, fut la victime d'une populace effrénée[25]. Il

endura pendant plusieurs jours tous les tourments que peut inventer

la cruauté, toujours plus ingénieuse dans les ames les plus stupides

et les plus grossières. Sa vieillesse triompha cependant des supplices

les plus douloureux, et il survécut à l'empereur. La nouvelle de ce

traitement inhumain étant parvenue à la cour, Julien n'en témoigna

aucun ressentiment. Mais le préfet Salluste, dont l'ame généreuse en

fut révoltée, prit la liberté de dire à l'empereur: _Prince, quelle

honte pour nous d'être si inférieurs aux chrétiens, qu'un de leurs

vieillards ait surmonté un peuple entier et tout ce que nous avons de

tortures! Ce n'était pas un honneur de le vaincre; mais c'est le comble

de l'ignominie, d'en avoir été vaincus._

[Note 25: On l'accusait d'avoir détruit, sous le règne de Constance,

un temple, et on voulait le contraindre de le rétablir à ses

dépens.--S.-M.]

[Note latérale: XI.

Zèle ardent des chrétiens.

Socr. l. 3, c. 15.

Theod. l. 3, c. 7.

Soz. l. 5, c. 10.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 34 / 354 题