Soz. l. 5, c. 3, 8, 9 et 10.]

C'était proscrire le christianisme, que de montrer tant de mépris

et tant de haine contre les chrétiens. L'idolâtrie enchaînée depuis

la conversion de Constantin, ayant enfin brisé ses fers, signala sa

vengeance par les plus affreuses violences. Profaner les églises, les

consacrer aux divinités païennes en y plaçant les idoles les plus

infâmes, détruire les sépultures des martyrs, disperser leurs os,

jeter au vent leurs cendres, ce n'était que les exploits ordinaires

d'une superstition victorieuse. Mais la plupart des villes de Syrie

et de Phrygie se portèrent à des excès de cruauté qui font horreur

à raconter. On mit en usage les anciens supplices; on en imagina de

nouveaux et d'inouïs. Les habitants d'Héliopolis, pour venger leur

Vénus dont Constantin avait tâché d'abolir le culte impudique, firent

ouvrir le ventre à des vierges sacrées, le remplirent d'orge, et les

exposèrent dans cet état horrible à l'avidité des animaux les plus

immondes, qui dévoraient en même temps l'orge et les entrailles. On vit

des hommes manger le foie d'un diacre nommé Cyrille. Gaza, Ascalon,

Émèse, Aréthuse imitèrent ces monstrueuses barbaries, qui semblent

souiller l'histoire même. Ce sont ces villes que Julien comble de

louanges dans ses ouvrages: il les appelle _des villes saintes, des

villes généreuses, qui lui sont étroitement unies par leur piété. Elles

ont_, dit-il, _secondé mes intentions avec tant d'ardeur, qu'elles ont

porté le châtiment des impies Galiléens plus loin que je ne désirais._

Il récompensa les fureurs des habitants de Gaza, en rappelant sous la

dépendance de leur ville le bourg de Maïuma, qu'il dépouilla de tous

les titres et de tous les droits dont Constantin l'avait honoré.

[Note latérale: X.

Supplices de Marc d'Aréthuse.

[Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 89-91.]

Theod. l. 3, c. 7.

Soz. l. 5, c. 10.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 33 / 354 题