Jul. misop. p. 361 et 362.]

Comme il descendait de la montagne, il reçut une lettre d'Ecdicius,

gouverneur d'Égypte, qui lui mandait qu'après de longues recherches,

on avait enfin trouvé un bœuf portant tous les caractères du dieu

Apis[10]. C'était pour Julien un présage infaillible des plus heureux

événements. Les malheurs de cette année et de la suivante ne firent

pas honneur au pronostic. Une autre fête très-solennelle appelait

Julien au temple d'Apollon à Daphné: il s'y rendit en diligence du

mont Casius, s'attendant d'y voir la pompe la plus brillante. Il fut

fort étonné de ne trouver dans le temple pas une victime, pas un grain

d'encens: mais seulement, au lieu des anciennes hécatombes, une oie que

le prêtre avait apportée de chez lui, afin que le Dieu ne passât pas

la journée sans offrande. A cette vue le zèle de Julien s'enflamma, et

debout devant l'autel, aux pieds de la statue, adressant la parole

au petit nombre de ceux qui se trouvèrent présents, il leur fit une

vive réprimande qui retombait sur tous les habitants d'Antioche; il

leur reprocha leur impiété, leur épargne sordide et scandaleuse à

l'égard du culte des dieux[11], tandis que leurs femmes épuisaient

leurs richesses pour faire subsister des Galiléens: il les menaça de

l'indignation céleste; et il ne manqua pas dans la suite d'attribuer à

cette indifférence criminelle la disette dont la ville fut peu de temps

après affligée.

[Note 10: Le bœuf Apis, qui recevait les honneurs divins en Égypte,

était consacré à la lune, selon Ammien Marcellin, l. 22, c. 14, tandis

que celui qu'on appelait Mnévis l'était au soleil. _Inter animalia

antiquis observationibus consecrata, Mnevis et Apis sunt notiora:

Mnevis soli sacratur,.... sequens lunæ_,--S.-M.]

[Note 11: «N'est-il pas honteux, disait-il, qu'une ville qui possède

un si vaste territoire, μυρίους κλήρους γῆς ιδίας κεκτημένην, ne fasse

pas pour les dieux, ce qu'une bourgade reléguée à l'extrémité du Pont

rougirait de ne pas faire.» Il reproche ensuite aux Antiochéniens leurs

folles dépenses aux fêtes licencieuses nommées _Maiouma_, τἀ δεῖπνα τοῦ

Μαϊουμᾶ, et leurs banquets splendides, _Misop._ p. 362.--S.-M.]

[Note latérale: VI.

Mort d'Artémius.

Jul. ep. 10, p. 378.

Amm. l. 22, c. 11.

Theod. l. 3, c. 18.

Soz. l. 4, c. 30.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 297.

Zon. l. 13, t. 2, p. 26.

Vita Ath. in edit. Benedict. p. 77.

Histoire du Bas-Empire. Tome 03 · 第 30 / 354 题