M. Taine termine ainsi un charmant article sur La Bruyère:

Si on essaie de se figurer La Bruyère on voit un homme

capable de sentir et de souffrir, qui a senti et qui a

souffert, attristé par l'expérience, résigné sans être

calme, qui méritait beaucoup et s'est contenté de peu, dont

l'âme aurait pu se prendre à quelque grande occupation et

qui s'est rabattu sur l'art d'écrire, sans que la

littérature ouvrît à sa passion et à ses idées une issue

assez large, "Un homme, dit-il quelque part, né chrétien et

français, se trouve contraint dans la satire: les grands

sujets lui sont défendus. Il les entame quelquefois et se

détourne ensuite sur de petites choses qu'il relève par la

beauté de son génie et de son style." Là est sa dernière

tristesse et son dernier mot.

* * * * *

Littérature Française (Première Année) · 第 120 / 137 题