Une femme judicieuse, appliquée, et pleine de religion, est
l'âme de toute une grande maison; elle y met l'ordre pour
les biens temporels et pour le salut. Les hommes mêmes, qui
ont toute l'autorité en public, ne peuvent par leurs
délibérations établir aucun bien effectif, si les femmes ne
leur aident à l'exécuter.
Le monde n'est point un fantôme; c'est l'assemblage de
toutes les familles; et qui est-ce qui peut les policer avec
un soin plus exact que les femmes, qui, outre leur autorité
naturelle et leur assiduité dans leur maison, ont encore
l'avantage d'être nées soigneuses, attentives au détail,
industrieuses, insinuantes et persuasives? Mais les hommes
peuvent-ils espérer pour eux-mêmes quelque douceur dans la
vie, si leur plus étroite société, qui est celle du mariage,
se tourne en amertume? Mais les enfants, qui feront dans la
suite tout le genre humain, que deviendront-ils si les mères
les gâtent dès leurs premières années?
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Enfin, il faut considérer, outre le bien que font les femmes
quand elles sont bien élevées, le mal qu'elles causent dans
le monde quand elles manquent d'une éducation qui leur
inspire la vertu. Il est constant que la mauvaise éducation
des femmes fait plus de mal que celle des hommes, puisque
les désordres des hommes viennent souvent et de la mauvaise
éducation qu'ils ont reçue de leurs mères, et des passions
que d'autres femmes leur ont inspirées dans un âge plus
avancé.
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