Mais pourtant qu'en telle entreprinse
Plusieurs choses peuent encourir
Qui seroyent cause de reprise
Plusieurs moyens doy enquerir
Et le plus utille querir
Par art secret se ainsi peult estre
Souvent ayde l'art a son maistre
Si mea plaga suos denudet in ordine vultus
Quis sit et unde venit armaque quis posint
S'il fault que je quiere advocas
Pour leur dire par ordonnance
Toute ma douleur et mon cas
Qui elle est dont vient sa naissance
Qui cause aussi ma douleance
Je craingz conseillers desloyaulx
Tel se dit amy qui est faulx
Perdet et ipsa sue fortassis spem medicine
Spes reficit donum fallit et ipsa suum.
Ainsi donc se la congnoissance
De ma plaie je determine
Perdre je pourray l'esperance
Que j'ay d'en avoir medicine
Or est esperance si fine
Que son seigneur souvent repaist
Et le deçoit quant il luy plaist
Si tegat ex toto faciem motusque doloris
Et nunquam querat plaga salutis opem.
D'aultre part s'il fault que je cueuvre
Du tout ma face et ma couleur
Sans que aulcunement je descueuvre
Les mouvemens de ma douleur
Sans querir moyen de valeur
Pour avoir aidance du mire
Je fais doubte qu'il ne me empire
Forsitan evenient pejora prioribus istis.
Et me continget protinus inde mori
Par trop secret mon cas tenir
En grant continuation
Il me pourroit: pire venir
Que devant en conclusion
Tellement par succession
De temps que mourir en pourroye
Doubter doit qui a double voie
Estimo monstrari melius nam conditus ignis
Defficit et subito perditur ipse calor
Toutesfois a la verité
Le mieulx comme je puis entendre
Est que mon mal manifesté
Soit a quelque ung sans plus attendre
Car le feu condict en la cendre
Par trop estre couvert perit
Souvent cueur ploure et bouche rit
Ergo loquar veneri/ venus est mors/ vitaque nostra.
Ducunturque suis omnia consiliis
Pourtant parleray je a venus
Des amans princesse et amye
A qui nous sommes tous tenus
C'est nostre mort et nostre vie
C'est celle qui tout seigneurie
Duyt et conseille toute chose
Mon mal fault que je luy expose.
Comme Pamphillus salue la deesse venus et l'incite d'ouyr ses prieres.
[U]nica spes vite nostre venus inclita salve
Que facis imperio cuncta subire tuo
Salut a toy venus haulte princesse
Nostre salut nostre espoir nostre adresse
Qui tous humains peulz regir et conduire
Tu peulz par droit comme dame et maistresse
Tout gouverner et par ta grant noblesse
Toutes choses submettre a ton empire.
Le seul espoir tu es de nostre vie
Et des plus grans requiers estre servie
Comme droit est car tu es souveraine
Throsne d'honneur de beaulté la fontaine
Medecine des povres langoreux
Et pour ce cas chascun jour de sepmaine
Salut te doit tout loyal amoureux.
Quam timet alta ducum seruitque potentia regum.
Supplicibus votis tu pia parce meis
Tu es celle chastellaine une fois
Que sert et craint la puissance des roys
Des ducz aussi qui te rendent hommaige
Les plus vaillans a tout leurs grans arrois
Comme je voy clerement et congnois
Par chascun jour viennent a ton seruaige
Tu es celle qui sans quelque rigueur
Les ostes hors de peine et de langueur
Si vien a toy pour faire mon devoir
Te suppliant que vueilles recevoir
Les simples veux qu'il fault que je te face.
Car pour certain je puis veoir et sçavoir
Si n'est par toy que je n'auray point grace