Ce que pense le père Antoine sur la manière dont on doit gagner sa vie.
Ce jour-ci était un dimanche, le beau dimanche de Pâques, si j'ai
bonne mémoire; c'était fête partout, excepté dans le coeur de mes amis,
lesquels, tristement assis sur le carreau de leur chambre, songeaient
à leur misérable destinée, lorsque par la fenêtre--un châssis en
tabatière--que Joseph avait oublié de fermer le soir précédent, ils
remarquèrent que le ciel était pur et virent, pour la première fois
cette année-là, des hirondelles aller et venir tout affairées sur les
toits. Cela leur fit pronostiquer qu'on était enfin débarrassé des
frimats et que la belle saison était définitivement arrivée. Ce leur fut
une douce consolation, et bientôt l'espoir vint sécher leurs larmes
et leur montrer l'avenir sous un aspect plus heureux. Ils se vêtirent,
c'est-à-dire qu'ils rajustèrent tant bien que mal leurs habits sur leurs
épaules, puis, après s'être consultés, décidèrent qu'ils sortiraient
comme les autres jours, bien que Joseph n'eût point préparé leur
provision quotidienne de fleurs.
Ils se dirigèrent vers le centre de Paris, cheminant comme ils en
avaient l'habitude en se donnant la main. Balthasar les suivit. C'était
la première fois que le brave chien les accompagnait, et cela les
ravissait de le voir gambader autour d'eux; car dans sa joie, Balthasar
oubliant qu'il était vieux, sautait et folâtrait avec la fougue et
l'entrain de la jeunesse.
On descendit comme cela le jardin du Luxembourg, en faisant un détour
pour visiter la pépinière, où la végétation, plus hâtive que dans les
autres parties du jardin, offrait déjà aux yeux ravis de nos petits
promeneurs une assez grande variété de fleurs, que faisait admirablement
ressortir la verdure d'avril, si belle à voir en sa fraîcheur et sa
jeunesse. César et Aimée, d'ailleurs, se plaisaient au milieu de
ces arbustes presque tous indigènes, ou, du moins, qu'une longue
acclimatation nous a rendus familiers. Ils en savaient les noms;
c'étaient d'anciens amis. Ils aimaient aussi à voir les pêchers, les
poiriers, les cerisiers, les amandiers se couvrir de fleurs; puis à
considérer comment, en quelques mois, se formaient et mûrissaient les
belles grappes de raisin qu'on apercevait au milieu du feuillage épais
et dentelé de la vigne.
L'aspect de toutes ces choses, aussi belles qu'intéressantes, faisait
rêver César; il lui semblait toujours qu'il les connaissait de longue
date et pour les avoir vues ailleurs qu'à Paris.
Mes amis étaient fort au courant des différentes époques où mûrissaient
les fruits de la pépinière, car tous les matins ils venaient les
admirer, les convoiter peut-être, et juger des progrès qu'ils faisaient
d'un jour à l'autre.
Ils savaient aussi que l'hiver était proche quand les arbres, dépouillés
de leur récolte et n'ayant plus rien à abriter, laissaient tristement
tomber leurs feuilles. César et Aimée n'aimaient point à voir la terre
jonchée de ces débris de feuillages, que, contrairement aux autres
enfants, ils ne prenaient aucun plaisir à écraser en les faisant crier
sous la semelle de leurs souliers. Mais à l'époque dont je parle, le
printemps commençait à peine et les deux enfants ne songeaient point,
Dieu merci! aux dures gelées de décembre.
Ils prirent donc par la pépinière, s'arrêtant pour prodiguer aux
gazouillements vulgaires du pierrot et aux vocalises brillantes et
hardies du rossignol les mêmes applaudissements. Ils n'avaient pas assez
d'expérience pour juger et comparer, et trouvaient les chants de l'un
et de l'autre également admirables. En fait de jouissances, comme vous
pouvez croire, ils n'avaient point été gâtés; c'est pourquoi tout leur
semblait bon: ils n'étaient pas difficiles. N'importe, ils étaient
heureux et c'était le principal, n'est-ce pas?
Après s'être suffisamment promenés, à leur idée, ils sortirent du
Luxembourg par la grille de l'Odéon, et de là se dirigèrent tout
droit vers la rue _Saint-André-des-Arts_. C'était un chemin qu'ils
connaissaient de reste, car ils l'avaient fait plus d'une fois depuis
le commencement de l'hiver. Ils pensaient rencontrer, dans cette rue,
un brave et digne homme qui, par pitié, voulait bien leur porter quelque
intérêt. «Comme nous serions heureux si, à la place de Joseph, c'était
lui qui fût notre tuteur!» se disaient-ils souvent en admirant sa bonne
et honnête figure encadrée de cheveux gris que recouvrait invariablement
un bonnet de laine noir.
[Illustration: Il faisait rôtir et vendait des marrons.]
D'après cela, vous comprenez que ce n'était pas non plus un puissant
personnage. Non, bien sûr. On l'appelait le père Antoine, et, tant que
durait l'hiver, il faisait rôtir et vendait des marrons à la porte du
marchand de vin dont la boutique fait le coin de la rue _Saint-André
des-Arts_ et de la rue _Gît-le-Coeur_. César et Aimée avaient fait sa
connaissance un jour de détresse, un soir qu'ils avaient perdu leur
chemin et erraient par là comme de pauvres âmes en peine, aveuglés par
la neige et le grésil qui, tombant fin et dru, leur cinglaient le visage
comme eussent fait des aiguilles. Le père Antoine, dont l'âme était
bonne et accessible à la pitié parce que lui-même, dans sa jeunesse,
avait connu la misère, les fit entrer dans son échoppe et se mit
en devoir de les réchauffer et les consoler, leur promettant de les
remettre bientôt dans leur chemin et même de les reconduire, s'ils
craignaient encore de se perdre. Mais, tout en approchant leurs petites
mains du fourneau, le bonhomme découvrit qu'ils étaient dans un grand
état de faiblesse et qu'ils avaient encore plus besoin de nourriture
que de bonnes paroles. Pauvre lui-même, il fit ce qu'il put et les
réconforta de son mieux avec le reste de son déjeuner. Puis, en les
quittant, il leur fit promettre, si un tel accident se renouvelait, de
venir le trouver tout droit et sans hésitation. Je ne vous surprendrai
sans doute pas beaucoup, mes petits lecteurs, en vous disant qu'ils
auraient pu se rendre souvent à l'invitation du père Antoine. Joseph
oubliait deux ou trois fois par semaine, au moins, de leur donner à
dîner ou à déjeuner. D'un autre côté, il les avait tant et tant menacés
de les faire mettre en prison s'ils touchaient à l'argent de leur
recette, qu'ils n'osaient en distraire un sou pour acheter du pain.
Cependant, guidés par un sentiment de délicatesse instinctive, ils
mettaient beaucoup de discrétion dans leur conduite et ne venaient
trouver le brave homme qu'à la dernière extrémité.
Ils se dirigèrent donc vers la rue _Saint-André-des-Arts_, comme je vous
ai dit; mais hélas! un immense désappointement les y attendait: le
père Antoine n'était plus dans son échoppe. Ce qu'ils ressentirent
en présence de ce nouveau malheur est impossible à exprimer. Ils n'en
pouvaient croire ce qu'ils voyaient, et restaient là sans bouger, tout
droits sur leurs jambes et les yeux fixés sur cette pauvre petite
place où se tenait jadis leur Providence. Les pauvres innocents! ils
ne savaient point que, contrairement aux hirondelles, les marchands de
marrons émigrent dès les premiers beaux jours. Eux qui vivaient dans la
rue, et devaient, malgré leur jeune âge, y faire tant d'observations,
ils n'avaient point remarqué cela.
Le premier moment de stupeur passé, ils fondirent en larmes. C'était
navrant de les voir comme cela, rangés côte à côte sur le trottoir
qu'ils encombraient!
Balthasar, assis entre eux deux, fixait alternativement sur l'un et sur
l'autre des yeux si profondément attristés, qu'on eût dit qu'il pleurait
lui-même. Mais personne ne faisait attention à tant de désespoir;
c'était dimanche, comme vous savez; les bonnes gens pressés de se rendre
à la promenade ou de jouir de leur liberté, allaient et venaient sans
s'occuper les uns des autres. César et Aimée étaient là se désespérant
depuis un grand quart d'heure, lorsque le timbre d'une voix bien connue
vint frapper leur oreille; ils s'avancèrent et virent alors chez le
marchand de vin le père Antoine endimanché qui, un énorme morceau de
pain à la main, déjeunait de bon appétit, debout près du comptoir, en
causant avec la marchande. Lui, tout d'abord, ne les vit pas. Quant
à eux, un peu calmés à la vue inespérée du brave homme, mais tout
intimidés par les beaux habits dont il était revêtu, ils n'osaient lever
les yeux sur lui et se contentaient de le regarder en dessous. Antoine
avait fait cette superbe toilette parce qu'il se disposait à partir;
comme il était fier, il ne voulait pas en voyage être pris pour un
paresseux, un vaurien ou un homme sans ordre qui ne sait pas économiser
quelque argent pour se vêtir honorablement. Mais mes amis, qui
ignoraient tout cela, ne parvenaient point à s'expliquer cette belle
veste et ce beau pantalon de velours, et ces rustiques souliers auxquels
le cordonnier avait prodigué les clous, et cet ample chapeau de feutre
au lieu du bonnet des jours ordinaires. Cela ne dura pas longtemps
ainsi, parce que Balthasar, qui voyait sans doute ce qui se passait dans
l'esprit de ses jeunes maîtres, se mit à japper bruyamment et, tout de
suite, le père Antoine se retourna pour voir ce que c'était.
«A la bonne heure! s'écria-t-il en apercevant les deux enfants. Je me
disais bien que je ne pouvais quitter Paris et faire un bon voyage sans
avoir, auparavant, embrassé ces deux petites créatures-là!»
Il les fit entrer et partagea bravement son pain avec eux.
«Bon! fit-il, en répondant aux regards surpris de la marchande, j'en
avais quatre fois trop.... N'est-il pas honteux qu'un seul homme
engloutisse à son repas ce qui peut suffire à trois personnes?»
Puis s'adressant aux enfants:
«Çà, mes petits, leur dit-il avec bonhomie, nous allons nous séparer,
mais pas pour toujours. S'il plaît à Dieu, je reviendrai encore dans six
mois par ici vendre des marrons aux Parisiens. Mais, pour le moment, la
saison est close, et il me faut retourner au pays.... A l'été, moi, je
suis comme les grands seigneurs, et ne saurais vivre autre part que dans
les champs, avec nos bêtes et les oiseaux du bon Dieu. Que voulez-vous?
je ne suis pas subtil de mes dix doigts; et Paris, où tant d'autres
gagnent des cents et des mille, ne m'offre que la ressource de balayer
ses ordures. Merci! Je suis trop délicat pour accepter.... J'aime un
million de fois mieux sarcler nos champs ou faner au soleil l'herbe de
nos prairies, dont la bonne odeur, quand vient le soir, nous console des
fatigues du jour.»
Mes amis le regardaient avec admiration; jamais encore ils n'avaient
entendu si bien parler et dire de si belles choses.
«Mais je m'aperçois, reprit le père Antoine, que la joie me rend bavard
et égoïste.... C'est que vraiment on ne peut se défendre d'être heureux
à l'idée qu'on va revoir son vieux clocher; puis sa petite maison, un
trou, une cabane.... Dame! au point de vue de l'argent, ça ne vaut pas
grand'chose;... mais on y est né, et on rêve d'y mourir; puis les vieux
amis qu'on a laissés au départ, et qui vous attendent là-bas, et enfin
les petits-enfants, les enfants des enfants, quoi!... Il y en a de votre
taille, puis d'autres qui sont plus grands, et d'autres encore qui sont
plus petits. Ils sont là, je ne sais combien vraiment, de tous les
âges et de toutes les hauteurs, qui accourent à ma rencontre à qui sera
embrassé le premier. Moi, qui suis, pour certaines choses, plus faible
qu'une femme, ça me rend heureux et ça me fait pleurer.... On n'a pas
idée de ces choses-là quand on n'y a point passé.... Enfin! c'est en
souvenir de tout ce petit peuple que je me suis attaché à ces deux-là.»
Tout en causant, le brave homme regardait tour à tour la marchande et
les enfants; mais on voyait bien qu'il s'adressait surtout à lui-même.
«Vous ne pouvez pas me comprendre, vous autres, dit-il à mes amis.
Quant à la campagne, elle vous est inconnue. Qui donc vous aurait appris
combien il est bon de contempler tous les jours un ciel à perte de vue,
des bois, des champs, des prairies, des rivières, des chemins poudreux,
des berges gazonnées de pâquerettes que le bon Dieu prend la peine de
semer lui-même? Personne, n'est-ce pas?»
Pendant que le père Antoine achevait son frugal repas, la boutique
du marchand de vin s'était remplie. Toutes les connaissances du brave
homme, tenant à lui souhaiter un bon voyage, étaient venues lui serrer
la main avant son départ. Tous avaient un souvenir et un souhait pour
le pays. On parlait des vieux amis; de ceux qui vivaient toujours et de
ceux qui n'étaient plus.
«Tu reverras Martial, disait l'un; est-il bien vieilli? a-t-il beaucoup
de petits-enfants? son fils est-il soldat?....
--Et le père Léonard, disait un autre, comment porte-t-il ses
quatre-vingts ans?
--Et Jean! disait encore un autre, est-ce que tu verras Jean? On dit
qu'il fait du charbon dans la forêt de Fontainebleau.
--Ah! oui, Jean, répétait-on en choeur, quel bon camarade il faisait
dans le temps!... Si tu vas le voir en passant, donne-lui donc une bonne
poignée de main de ma part,» etc., etc.
Balthasar, ému sans doute de voir tous ces braves gens réunis, allait de
l'un à l'autre, leur prodiguant les avances et les amitiés. On lui fit
fête sans se demander à qui il appartenait ni d'où il venait. Sa bonne
et intelligente physionomie lui tenait lieu de passe-port. Enhardi par
ce bienveillant accueil, et sans doute aussi pour montrer aux amis du
père Antoine que leurs caresses ne s'égaraient point sur un caniche
ingrat, il se mit joyeusement, et sans y être invité, à exécuter
quelques-uns de ses tours les plus simples, comme de se ramasser en
boule et de rouler sur lui-même à l'imitation des clowns qui font la
culbute; de s'étendre tout de son long sur le parquet pour contrefaire
le mort; de courir, en allongeant précieusement les jambes, et bondir
par-dessus des obstacles--obstacles imaginaires, puisque Joseph n'était
pas là pour lui en tendre de réels--comme un cheval de course
qui franchit des barrières. On avait pris goût à ces jeux et on y
applaudissait, ce qui encourageait et animait Balthasar; il se sentait
apprécié. A la fin, tout essoufflé et la poitrine haletante, il
disparut, mais pour reparaître presque aussitôt une assiette entre les
dents. Alors, entraîné sans doute par l'habitude, ou poussé par tout
autre motif que j'ignore, il fit le tour de la salle en s'arrêtant
respectueusement devant chacune des personnes présentes. Il recueillit
environ cinquante centimes qu'il s'empressa de rapporter à ses jeunes
maîtres; lesquels, n'osant se montrer devant tout ce monde, se cachaient
timidement derrière le père Antoine.
«Çà, leur dit le brave homme, ce chien est-il donc à vous!
--Oui, répondit Aimée en caressant le caniche, c'est notre ami Balthasar
et nous l'aimons bien.
--Il le mérite; je ne crois pas avoir jamais vu un chien si habile,
et je pense que vous pourrez en tirer de l'argent; mais si vous m'en
croyez, c'est autrement que vous chercherez à gagner votre vie. Le
métier que vous faites là, voyez-vous, c'est un métier de mendiants.
--D'ordinaire, Balthasar ne nous suit pas; ce n'est pas avec nous qu'il
travaille, mais avec Joseph.
--Qui ça, Joseph?
--Notre tuteur ... Notre métier, à nous, c'est de vendre des fleurs dans
la rue....
--Oui, oui, je sais. Mais ce n'est pas encore là ce qu'il faudrait
faire.... Écoute, César, à ton âge, j'allais aux champs garder les
chèvres et les moutons de nos voisins. J'y gagnais mon pain quotidien et
cent sols par mois. C'était peu, mais j'en faisais assez. Avec cela,
tu penses, je n'avais pas souvent des culottes neuves, et comme ma
belle-mère,--j'avais une belle-mère, moi,--ne me raccommodait jamais
les vieilles, il n'y avait pas de danger qu'on me prît pour un fils de
millionnaire. Mais des vêtements déchirés, c'était la moindre des choses
et j'allais avec cela comme à vide. Seulement, mon petit, ici s'arrêtait
mon insouciance; quoique bien jeune, j'aurais eu honte de mendier. Au
pays, on regarde cela comme un déshonneur, et on a raison; car un coeur
bien placé ne se résigne pas aisément à vivre aux dépens d'autrui....
Oh! quand on ne peut pas faire autrement, quand on est infirme, je ne
dis pas.... N'importe, c'est toujours un malheur!... Mais pour un homme
solidement établi et qui possède ses membres au grand complet,... c'est
le dernier des derniers; on ne peut descendre plus bas,... à mon sens,
du moins. Ce que j'en dis n'est pas pour moi,--il ne m'appartient pas de
me proposer en exemple,... je ne serais d'ailleurs qu'un triste modèle à
imiter, car je n'ai point fait fortune,--mais pour vous, qu'il me peine
de voir traîner une si misérable existence. Je sais bien, mon Dieu, que
mes paroles sont inutiles pour le moment;... à votre âge, on ne peut
rien par soi-même, et votre tuteur ne me paraît pas homme à écouter
mes raisons.... N'importe, je suis d'avis qu'on fait bien, lorsque
l'occasion s'en présente, de laisser tomber quelque semence dans une
terre fertile peut-être, quoique mal préparée, et qui sans cela pourrait
demeurer à jamais improductive. La bonne saison venue, Dieu aidant,
il lèvera toujours quelques touffes de bon grain, et c'est autant de
gagné.... Mais nous reparlerons de cela dans six mois. En attendant,
priez Dieu pour qu'il ne vous abandonne pas, et tâchez de conserver les
bonnes qualités qu'il vous a données.»
Ce disant, le brave homme boucla sa valise et la mit sur son dos comme
un sac de soldat; puis, ayant embrassé les deux enfants, il prit dans
un coin de la boutique son bâton de voyage et partit en faisant résonner
sur le pavé les nombreux clous de ses souliers. Nos amis, et Balthasar
avec eux, debout sur le seuil, le regardaient tristement s'éloigner;
mais au détour d'une rue, il disparut, et tous trois se retrouvèrent
cette fois réellement seuls et abandonnés.