[1] 5 mai 1911.
[2] Les _voiles_ des caïques sont des tapis souples, d'une soie vive
brodée de toutes couleurs, qu'on jette sur la poupe, et qui semblent
être ainsi la traîne ondoyante et moirée du bateau.
[3] Hélas! la princesse Séniha écrivait tout cela l'an 1911... Et,
depuis, la grande guerre est intervenue, au cours de laquelle les
armées françaises sauvèrent l'Angleterre, et l'affranchirent à tout
jamais,--à très longtemps au moins,--de la mortelle concurrence
allemande. Alors, aujourd'hui,--1921,--les choses ont changé de face.
Et c'est le drapeau français qui flotte sur le Bosphore après en avoir
chassé, du même coup, les drapeaux turc, allemand, et français!...
français surtout!--C. F.
[4] La férocité des armées coalisées, soi-disant chrétiennes pendant
la guerre de 1912-1913, vérifia tristement cette prophétie de Séniha
hanoum. Et l'ignoble, la nauséabonde trahison de la Grèce, massacrant,
au 1er décembre 1914, à Athènes, nos matelots confiants et désarmés, y
ajoute une décomposition spéciale. La Grèce ajoutée à la Bulgarie fut
toujours du pus ajouté à du sang.
[5] La princesse Séniha, déplorablement, voyait là-dessus bien clair.
Et M. C. Farrère regrette aujourd'hui avec infiniment d'amertume que sa
correspondante d'alors ait été si perspicace!... (Note de l'éditeur.)
[6] Tout ce que disait la princesse turque Séniha, l'an 1911, une
princesse russe ne pourrait-elle le redire, l'an 1921?... Il est vrai
que la Turquie de 1911 était sous le couteau de ses ennemis, et que la
Russie de 1921 est sous son propre couteau... A chacun, donc, selon sa
force, et pour chacun sa conscience.