L'ÉPAISSEUR DES CHEVEUX CHEZ L'HOMME SAIN ET CHEZ L'HOMME MALADE.

Un médecin japonais, le docteur Matsuura, de Kioto, a fait de curieuses

observations sur les variations d'épaisseur des cheveux et sur les

conditions dans lesquelles ces variations se produisent.

L'auteur est parti de cette idée que la nutrition du cheveu doit, comme

celle de l'ongle, dépendre de l'état de la nutrition générale et que, si

la consistance, le volume et la coloration de l'ongle subissent des

altérations dans les parties qui croissent dans le cours d'une maladie,

il doit en être de même de la consistance, du volume et de la coloration

du cheveu.

L'observation a confirmé ces prévisions théoriques, et M. Matsuura a

constaté que, dans le cours de presque toutes les maladies aiguës ou

chroniques, la partie des cheveux qui avait poussé durant la période

morbide avait une épaisseur inférieure à l'épaisseur normale. Cette

diminution d'épaisseur variait d'un dixième à un quart, alors que les

inégalités normales n'atteignaient jamais un dixième.

Comme on pouvait s'y attendre, c'est dans les maladies de longue durée,

la fièvre typhoïde, et surtout la phtisie, que cette altération était le

plus accentuée. Les seuls cas où l'auteur n'ait pu constater aucune

trace de ce phénomène sont ceux où la mort était arrivée soit

subitement, soit dans un temps très court, comme dans les ruptures

d'anévrisme, les embolies, les fractures du crâne ou autres accidents

mortels.

En même temps que la diminution de l'épaisseur des cheveux, l'auteur a

observé l'interruption de leur couche médullaire et leur friabilité. Les

cheveux des malades s'épilent aussi plus facilement.

Ces observations ne constituent pas une simple curiosité médicale.

Pratiquement, elles peuvent servir à rétablir l'histoire des maladies

d'un individu et, en médecine légale, à contrôler certaines affirmations

et à vérifier des identités douteuses.

L'Illustration, No. 3230, 21 Janvier 1905 · 第 16 / 27 题