Les champions du _looping_ semblent avoir adopté la proverbiale devise
de Nicolet: «De plus fort en plus fort»! Après le «bouclage» de la
boucle, le «cercle de la mort», la «flèche humaine» et tant d'autres
prouesses prodigieuses, ce genre d'acrobatie vient de s'enrichir d'une
nouvelle création récemment inaugurée dans un de nos music-halls
parisiens: le «bouclage» du gyroscope.
L'ingénieux appareil construit par M. Roquejoffre consiste
essentiellement en une énorme roue métallique de 4 mètres de diamètre
qui, semblable à une roue de cycle, est adaptée à une solide colonne de
support en fonte; grâce aux roulements à billes, elle peut aisément à la
fois tourner dans le plan vertical et pivoter dans le plan horizontal;
enfin, un contrepoids d'environ 250 kilogrammes assure l'équilibre du
système. Quant à la piste, dont les lamelles de bois légèrement espacées
augmentent l'adhérence, elle est établie en porte-à-faux sur la face
extérieure de la jante.
Ceci posé, voici comment s'exécute l'exercice. L'homme se met en piste
sur une bicyclette un peu plus lourde qu'une machine ordinaire; il
pédale d'abord rapidement et, par l'intermédiaire des roues adhérant aux
lamelles, tel un écureuil faisant tourner sa cage, il imprime un
mouvement inverse au gyroscope; puis, il se cale, s'arrête brusquement
et le gyroscope l'entraîne en arrière. A une certaine hauteur, la force
ascensionnelle devenant nulle, le cycliste se lance de nouveau en
pédalant; alors son poids, la rapidité de la descente le projettent en
avant et, en répétant le même effort, il parvient, au bout de plusieurs
reprises à la partie supérieure du gyroscope, qu'il boucle six ou huit
fois de suite.
[Illustration: Le gyroscope acrobatique.]