LES DÉTAILS DU SIÈGE DE PORT-ARTHUR VUS PAR LA PHOTOGRAPHIE

_Clichés de M. Lorenzo d'Adda._

[Illustration: Maisons de Dalny incendiées par les Russes avant

l'évacuation.

Les maisons incendiées ne représentent que 25% des constructions. Toutes

celles qui sont en bon état sont bondées de blessés ou de malades. Dalny

n'est qu'un immense hôpital.]

[Illustration: Arrivée de blessés et de malades à Dalny.

Tous les jours arrivent à Dalny, des camps japonais, un ou deux trains

chargés de blessés et de malades. De la gare, ils sont portés par les

coolies dans un des innombrables hôpitaux improvisés partout.]

[Illustration: Dans une tranchée avancée de la 9e division.

«Le jour où j'ai visité cette tranchée, écrit M. d'Adda, les soldats

avaient été informés qu'ils sortiraient pendant la nuit pour un assaut.

De petits mortiers en bois étaient préparés pour lancer des grenades. Un

silence tragique régnait. Les officiers parlaient à voix basse. Parfois

on échangeait des appels ou des coups de fusil avec la position russe,

distante de moins de 250 mètres.»]

[Illustration: Les blessés.

Les obus et les shrapnells russes tombaient jour et nuit sur le terrain

occupé par les Japonais. Des centaines de soldats étaient atteints

chaque jour et de nombreux coolies chinois étaient occupés sans relâche

à recueillir morts et blessés.]

[Illustration: Les morts.

De grands espaces sont couverts de petits piquets de bambou qui marquent

la place où sont ensevelis les soldats morts. Pour les officiers, les

tombes sont un peu moins rudimentaires; sur un tertre entouré de pierres

se dressent des pieux portant des épitaphes. «Cette photographie, écrit

M. d'Adda, représente un soldat pensif devant deux tombes d'officiers.»]

[Illustration: LA MEILLEURE CARTE DES DÉFENSES DE PORT-ARTHUR PUBLIÉE AU

JAPON.

En nous envoyant cette carte, M. Lorenzo d'Adda nous écrit: «C'est la

plus exacte de toutes celles qui ont été publiées tant au Japon qu'en

Europe. Elle mentionne tous les points intéressants pour l'intelligence

de mes photographies. La ligne pointillée indique l'avance japonaise à

la fin de novembre.»]

[Illustration: LE VOYAGE DE LA MISSION DIPLOMATIQUE FRANÇAISE DE TANGER

A FEZ.--L'embarquement à Tanger.]

L'incident qui avait un moment retardé le départ de l'ambassade que le

ministre de France, M. Saint-René-Taillandier, était chargé de conduire,

à Fez, vers le sultan du Maroc, cet incident est heureusement aplani. Au

moment où les pessimistes commençaient à redouter de graves

complications, une lettre écrite au nom du sultan par Ben Sliman était

adressée directement à notre représentant et apportée en hâte, à Tanger,

par un courrier spécial.

Le sultan y disait, en substance, qu'il avait appris avec une profonde

douleur et une grande surprise l'ajournement du départ de l'ambassade et

les autres mesures annoncées par le ministre de France, qu'il n'avait

jamais pensé se priver des services de la mission militaire française et

que son représentant à Tanger avait mal interprété sa pensée en

annonçant le renvoi de cette mission.

Il suppliait donc M. Saint-René-Taillandier de ne pas laisser partir de

Fez le consul de France, ni la mission militaire, et il demandait en

même temps à notre ministre de se rendre le plus rapidement possible à

Fez pour resserrer les liens d'amitié entre les deux pays et prendre, de

concert avec le gouvernement chérifien, toutes les mesures qui seraient

utiles pour arriver à ce résultat.

Nous ne pouvions demander davantage. M. Saint-René-Taillandier fut

aussitôt autorisé par le quai d'Orsay à se mettre en route pour Fez et

le croiseur _Du-Chayla_, mis à la disposition de la mission pour la

conduire au port de Larache, vint mouiller en rade de Tanger.

Le 11 janvier, à 2 heures de l'après-midi, la mission s'embarquait.

Elle se compose, sous la haute direction de M. Saint-René-Taillandier,

de M. de Saint-Aulaire, premier secrétaire d'ambassade, du capitaine

Jouinot-Gambetta, attaché militaire, de M. Pelletier, troisième

secrétaire, et des drogmans et interprètes de la légation.

Les autorités marocaines de Tanger, le gouverneur en tête, et plusieurs

représentants des autres puissances étaient venus saluer les membres de

la mission française avant leur départ et les ont accompagnés jusqu'au

quai où les attendait la chaloupe qui devait les amener à bord du

_Du-Chayla._

Le voyage se passa sans incident et la traversée fut superbe. Le soir

même, à 6 h. 30, le croiseur jetait l'ancre devant Larache, salué par le

canon de la vieille forteresse. Mais en raison de l'heure avancée et de

l'état de la barre qui défend l'entrée du port, on dut remettre le

débarquement au lendemain.

Dès le matin, des barcasses appartenant au sultan conduisaient tout le

monde à terre, où une réception grandiose était faite à la mission par

le pacha. Des ordres avaient été donnés évidemment par le Maghzen pour

qu'on fit l'impossible afin d'effacer la mauvaise impression causée par

l'incident.

[Illustration: M. Saint-René-Taillandier, ministre de France, accompagné

à son départ par les autorités marocaines de Tanger.]

[Illustration: Larache, sur la côte occidentale du Maroc, où la mission

a débarqué pour prendre la route de Fez.]

[Illustration sur deux pages: UNE FANTASIA AU MAROC: APRÈS LE COUP DE

FEU.

Photographie instantanée de M. Veyre.]

L'Illustration, No. 3230, 21 Janvier 1905 · 第 13 / 27 题