XXI

Madame d’Oudart, ayant quitté son fils, gagna la rue de Grenelle et alla

sonner chez madame Chef-Boutonne, à qui elle raconta, tout chaud, ce

qu’elle avait fait. Madame Chef-Boutonne dit sèchement:

--C’est très bien.

A quoi madame d’Oudart reconnut qu’une heure avant de se présenter chez

M. le directeur de l’École, il eût peut-être été temps encore d’informer

son amie de ce qu’elle se proposait de faire, mais que lui venir narrer

la chose accomplie était une faute.

--Je n’osais point parler de ce projet, dit-elle, tant qu’Alex n’en

avait pas fini avec ses épreuves de droit, et, d’autre part, le temps

presse, puisque les cours...

Madame Chef-Boutonne interrompit et répéta:

--C’est très bien.

Cette pauvre madame d’Oudart s’affaissa tout à plat. Madame

Chef-Boutonne avait précisément à annoncer à son amie qu’elle s’était

«mise en quatre» pour le jeune Lepoiroux et que ses démarches

aboutissaient à l’issue la plus heureuse. Qui donc avait-elle été voir?

Mais, monsieur le vice-recteur, tout bonnement, de qui l’obligeance, en

l’occasion, s’était montrée vraiment exquise: le jeune Lepoiroux pouvait

être assuré d’obtenir de l’État la faveur demandée.

--Voilà! dit-elle, ayant rendu compte de sa mission.

Elle parut magnanime. Le «service» tombait de si haut que madame

d’Oudart se demanda si elle n’eût pas préféré payer de sa poche les

études complètes d’Hilaire. Cependant elle se confondit en actions de

grâces, se leva et embrassa son amie.

--Je vais écrire cette bonne nouvelle à Nathalie Lepoiroux, dit-elle;

elle ne saura comment vous remercier!

Le bel avenir · 第 28 / 66 题