Madame d’Oudart, ayant quitté son fils, gagna la rue de Grenelle et alla
sonner chez madame Chef-Boutonne, à qui elle raconta, tout chaud, ce
qu’elle avait fait. Madame Chef-Boutonne dit sèchement:
--C’est très bien.
A quoi madame d’Oudart reconnut qu’une heure avant de se présenter chez
M. le directeur de l’École, il eût peut-être été temps encore d’informer
son amie de ce qu’elle se proposait de faire, mais que lui venir narrer
la chose accomplie était une faute.
--Je n’osais point parler de ce projet, dit-elle, tant qu’Alex n’en
avait pas fini avec ses épreuves de droit, et, d’autre part, le temps
presse, puisque les cours...
Madame Chef-Boutonne interrompit et répéta:
--C’est très bien.
Cette pauvre madame d’Oudart s’affaissa tout à plat. Madame
Chef-Boutonne avait précisément à annoncer à son amie qu’elle s’était
«mise en quatre» pour le jeune Lepoiroux et que ses démarches
aboutissaient à l’issue la plus heureuse. Qui donc avait-elle été voir?
Mais, monsieur le vice-recteur, tout bonnement, de qui l’obligeance, en
l’occasion, s’était montrée vraiment exquise: le jeune Lepoiroux pouvait
être assuré d’obtenir de l’État la faveur demandée.
--Voilà! dit-elle, ayant rendu compte de sa mission.
Elle parut magnanime. Le «service» tombait de si haut que madame
d’Oudart se demanda si elle n’eût pas préféré payer de sa poche les
études complètes d’Hilaire. Cependant elle se confondit en actions de
grâces, se leva et embrassa son amie.
--Je vais écrire cette bonne nouvelle à Nathalie Lepoiroux, dit-elle;
elle ne saura comment vous remercier!