INTRODUCTION
AU DEUXIÈME LIVRE
DES CHRONIQUES
DE
J. FROISSART.
M. Siméon Luce, qui en 1888 avait achevé la publication du premier
livre des _Chroniques_ de Froissart, venait de commencer l’impression
du deuxième livre, dont il avait fait tirer les quatre premières
feuilles, quand la mort le surprit le 14 décembre 1892, au grand
dommage de l’érudition française. Pour continuer cette édition, à
laquelle j’avais déjà collaboré, la Société de l’Histoire de France
voulut bien s’adresser à moi, par la bonne entremise de M. Léopold
Delisle. C’était un grand honneur, mais aussi une lourde tâche
à laquelle je n’étais qu’imparfaitement préparé et que j’aurais
certainement hésité à accepter, si je n’y avais été encouragé de divers
côtés.
Une fois décidé, j’avais comme premier travail à passer en revue tous
les manuscrits du deuxième livre des _Chroniques_ et à les classer:
je consacrai à cette étude une partie de l’été de 1893; et, soit
en examinant sur place les manuscrits de Londres, de Cheltenham, de
Cambrai, de Bruxelles et d’Anvers[1], soit en recueillant les copies
et les collations faites par d’obligeants correspondants de France
et de l’étranger, je pus établir le classement auquel est consacrée
cette introduction. Tout en achevant l’impression de ce tome IX, qui
finit à la mort de Charles V et contient le tiers du deuxième livre,
je relevais les variantes du texte, suivant un plan un peu différent
de celui de M. Luce, et rassemblais les éléments des notes destinées
au sommaire. Là encore, je me suis légèrement écarté de la méthode de
mon éminent prédécesseur; et mon annotation, sinon abrégée, du moins
condensée, fera peut-être regretter plus d’une fois les développements
abondants et nourris des précédents volumes.
[1] A mon retour M. Delisle voulut bien me remettre de la part
de la famille de M. S. Luce quelques notes relatives aux mss.
de Paris et un paquet de fiches, dont la plupart faisaient
malheureusement double emploi avec celles que M. A. Spont avait
rédigées pour moi d’après les documents des Archives nationales.